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Documents Diplomatiques Suisses, vol. 1995, doc. 27
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| Archives | Archives fédérales suisses, Berne | |
| Cote d'archives | CH-BAR#E1003-01#2006/306#3* | |
| Titre du dossier | Verhandlungsprotokoll. (1995–1995) | |
| Référence archives | 322.3 |
dodis.ch/7037115ème séance du Conseil fédéral du 3 mai 19951
50 millions de francs pour le CICR • Rede des Bundespräsidenten • Lettre aux 4 puissances de Yalta
[...]2
En reprenant la suggestion de plusieurs parlementaires, M. Cotti propose qu’à l’occasion du 50ème anniversaire de la fin de la guerre, le Conseil fédéral demande au Parlement d’octroyer 50 millions de francs au CICR.3 La somme devrait permettre à cette organisation d’aider les victimes des guerres non médiatisées. Lors du 700ème, le Conseil a décidé d’octroyer 700 millions de francs supplémentaires à l’aide au développement.4
In der Diskussion wird der Vorschlag negativ aufgenommen. Es ist grundsätzlich falsch – so Bundesrat Stich –, dieses Anlasses mit 50 Millionen zu gedenken.5 Man vergisst immer, dass die Mittel begrenzt sind. Es ist falsch zu glauben, mit Geld könne man alles wiedergutmachen. Der Eindruck entstünde, der Bundesrat wolle mit 50 Millionen rechtfertigen, was er während des Krieges verpasst habe. Auch das IKRK hat während des Zweiten Weltkriegs nicht alles getan, was nötig gewesen wäre. M. Delamuraz affirme apprécier énormément le travail du CICR.6 Mais saisir l’occasion du 50ème anniversaire de la fin de la guerre, à laquelle la Suisse n’a pas participé, pour faire un tel geste donne le sentiment d’une espèce de réparation. Chaque semaine apparaît une nouvelle idée sur la façon de commémorer cet anniversaire.7 Bundesrat Koller ist überzeugt, dass ein solcher Entscheid im Volk nicht verstanden würde. Der Vorwurf, der Bundesrat könne diesen Anlass nur dank Steuergeldern feiern, würde sicher kommen. Auch Bundesrat Ogi teilt diese Auffassung. Mme Dreifuss, dont la plus grande ambition a toujours été de faire partie du CICR, est également sceptique. Il n’y a pas d’urgence pour le Conseil fédéral de prendre position et de faire cette proposition, qui à la limite devrait venir de façon formelle du Parlement. Dans un tel moment, il n’est pas opportun de parler d’argent. Le CICR d’ailleurs n’a pas reconnu, même a posteriori, l’action de son délégué Häfliger.8
À la suite de la discussion, la proposition du DFAE est donc abandonnée.
Bundespräsident Villiger kommentiert einzelne Teile der Rede, die er am 7. Mai anlässlich der Sondersession zum 50. Jahrestag des Kriegsendes vor der Bundesversammlung halten wird.9 Im Zusammenhang mit den Erinnerungsfeierlichkeiten sind leider Polemiken entstanden. Der Bundespräsident bedauert die Vorverurteilung seiner Rede durch Leute, die den Inhalt gar nicht kennen, zutiefst. Der Antinazismus kann nicht durch eine einzige Partei für sich in Anspruch genommen werden.10 Nach reiflicher Überlegung und vielen Gesprächen ist der Bundespräsident zum Schluss gekommen, dass der Bundesrat gut daran täte, sich für die in der Vergangenheit gegenüber den verfolgten Juden begangenen Fehler zu entschuldigen. Er sieht deshalb vor, in seiner Rede unter anderen folgende Sätze zu sagen: «Es steht für mich ausser Zweifel, dass wir mit unserer Politik gegenüber den verfolgten Juden schuld auf uns geladen haben. Die Angst vor Deutschland, die Furcht vor Überfremdung durch Massenimmigration und die Sorge um politischen Auftrieb für einen auch hierzulande existierenden Antisemitismus wogen manchmal stärker als unsere Asyltradition, als unsere humanitären Ideale. Schwierige Zielkonflikte wurden auch überängstlich zu Lasten der Humanität gelöst. Mit der Einführung des sogenannten Judenstempel kam Deutschland einem Anliegen der Schweiz entgegen. Dieser Stempel wurde im Oktober 1938 von der Schweiz gebilligt.11 Wir haben damals im allzu eng verstandenen Landesinteresse eine falsche Wahl getroffen. Der Bundesrat bedauert dies zutiefst und er entschuldigt sich dafür, im Wissen darum, dass solches Versagen letztlich unentschuldbar ist.»12
Bundesrat Cotti kennt den Kontext dieser Sätze nicht. Werden in der Rede auch die positiven Aspekte der damaligen Politik der Schweiz erwähnt? Bundesrat Koller hat als Jurist mit dem Begriff «Entschuldigung» ein bisschen Mühe, und er hat diese Frage mit dem Bundespräsidenten diskutiert. Da dieses Wort als Begriff der Volkssprache zu interpretieren ist, opponiert er nicht. Wird in der Rede auch erwähnt, was der Bundesrat in der Beantwortung eines Vorstosses über den Fall Grüninger gesagt hat, das heisst, dass die ethischen Werte des «Non refoulement»-Prinzips nun im Gesetz verankert worden sind?13
Dies ist laut Bundespräsident Villiger der Fall. In seiner Rede wird er auch folgendes sagen: «Ich weiss, dass man all dies nicht einfach mit positiven Leistungen verrechnen kann. Wenn ich trotzdem erwähne, dass die Schweiz für kürzere oder längere Zeit annähernd 300 000 schutzsuchende Ausländer beherbergte, also auch Leben in grosser Zahl retten half, so ist das ganz einfach auch Teil der geschichtlichen Wahrheit. Deshalb will ich auch nicht unterschlagen, dass es viele Schweizerinnen und Schweizer gab, die unter bewusster Inkaufnahme persönlicher Konsequenzen Tausende von jüdischen Flüchtlingen retten halfen. Einige von ihnen wurden dafür sogar bestraft. Sie orientierten sich an ethischen Werten, die später Grundlage des internationalen und des schweizerischen Rechts im Asylbereich geworden sind. Wir können Jahre danach Urteile, die aus heutiger Sicht unverständlich scheinen, nicht mehr korrigieren. Aber wir können den Betroffenen jene moralische Anerkennung verschaffen, die ihnen gebührt. Wir können froh und dankbar sein, dass es solch mutige Menschen damals gegeben hat.»14
Bundesrat Stich unterstreicht, es handle sich um eine heikle Geschichte, denn die Schweiz habe dem Judenstempel zugestimmt. Dies war ein rassistisches Element. Die Entschuldigung bedeutet nicht, dass wir künftig alle Flüchtlinge aufnehmen können. Auch damals war das Boot teilweise voll. Er ist aber mit dem erwähnten Satz einverstanden. Pour Mme Dreifuss, le drame réside dans le fait que personne ne peut recevoir ces excuses. Elle dit ne pas être habilitée à demander ou à donner des excuses. Néanmoins, elle est reconnaissante au Président d’avoir franchi le pas. Cela est bien pour le pays.15 Pour ce qui concerne la politique d’asile actuelle, il faut bien constater qu’il y a eu d’énormes progrès. Cela ne nous met néanmoins pas à l’abri d’abus qui sont parfois en contradiction avec le principe du non-refoulement. En effet, l’administration prend parfois de mauvaises décisions. Dans ce contexte, il est important de reconnaître le droit à la révolte humanitaire.
Faut-il que le Président de la Confédération écrive une lettre de remerciements aux quatre puissances de Yalta? M. Cotti le propose.16 C’est le parallèle des excuses. 50 ans après l’armistice, les quatre pays qui ont libéré le monde de l’oppression nazie méritent notre reconnaissance. Un tel acte serait très apprécié par la Grande-Bretagne, la France, les États-Unis et la Russie. Mme Dreifuss s’oppose à une telle lettre. Nous remercions les quatre puissances de Yalta alors que la résistance a été le fait des peuples et des armées d’autres pays également, tels le Sénégal, les Pays-Bas, la Yougoslavie, etc. M. Stich est également sceptique. Il ne faut pas oublier qu’en 1948 déjà, un pont aérien a été nécessaire pour alimenter Berlin contre la puissance soviétique. Le Président constate qu’une majorité des membres du Conseil est d’accord avec une telle lettre, qui devrait également rappeler l’importance du respect des droits de l’homme. Il en est donc décidé ainsi.17
- 1
- CH-BAR#E1003-01#2006/306#3* (322.3). Ce procès-verbal de discussion du Conseil fédéral est rédigé par le Vice-chancelier de la Confédération, Achille Casanova. Des copies du procès-verbal sont adressées aux membres du Conseil fédéral, au Chancelier de la Confédération, au Vice-chancelier et à la Vice-chancelière. L’extrait ici édité traite les trois derniers thèmes de discussion des Aussprachen. Pour la version complète du document, cf. le facsimilé dodis.ch/70371.↩
- 2
- Pour la version complète du document, cf. le facsimilé dodis.ch/70371.↩
- 3
- Cf. la note de discussion du DFAE du 2 mai 1995, dodis.ch/71780. Cf. aussi le procès-verbal de discussion de la 3ème séance extraordinaire du Conseil fédéral du 12 avril 1995, dodis.ch/73031. Cf. également la lettre du Conseiller national Peter Tschopp au Chef du DMF, le Président de la Confédération Kaspar Villiger, du 4 avril 1995, dodis.ch/74596, ainsi que la motion 94.3229 Crédits supplémentaires alloulés au CICR du Conseiller national Roland Ostermann du 14 juin 1994, Bull. off. CN, 1996, I, pp. 45–47.↩
- 4
- Cf. à ce propos DDS 1991, doc. 59, dodis.ch/57999, ainsi que la compilation dodis.ch/C1755.↩
- 5
- Für den Mitbericht des EFD vom 3. Mai 1995 zum Aussprachepapier des EDA vgl. dodis.ch/71780.↩
- 6
- Sur les relations entre la Confédération et le CICR, cf. DDS 1995, doc. 61, dodis.ch/72248.↩
- 7
- Dans sa réponse à la question ordinaire 94.1124 1995. 50e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale de la Conseillère nationale Pia Hollenstein du 4 octobre 1994, le Conseil fédéral annonce qu’il «n’envisage pas d’organiser de manifestations commémoratives», cf. le PVCF No 2097 du 28 novembre 1994, dodis.ch/71411. Le 20 mars 1995, le Conseil décide cependant d’assister in corpore à une commémoration le soir du 7 mai 1995 dans la Cathédrale de Berne, organisée par l’Amitié Judéo-Chrétienne, les Églises nationales et la Fédération des communautés israélites, cf. le PVCF No 458 du 20 mars 1995, dodis.ch/70979, ainsi que le procès-verbal de discussion de la 10ème séance du Conseil fédéral, dodis.ch/73375. L’après-midi du même jour, le Président de la Confédération Villiger répond dans ce sens à la question 95.5046 Commémoration du 8 mai 1945 du Conseiller national Jean-Pierre Bonny. En même temps, le Président du Conseil national Claude Frey annonce la création d’un groupe de travail sur la tenue d’une session extraordinaire de l’Assemblée fédérale pour commémorer le 8 mai 1995, proposée par la Conseillère nationale Judith Stamm et le Conseiller national Andreas Gross, «appuyée par quelques 120 signatures», cf. le Bull. of. CN, 1995, II, p. 723. Le 23 mars 1995, la Conférence de coordination des deux Conseils décide de commémorer la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe avec une séance extraordinaire du Parlement le 7 mai 1995, cf. dodis.ch/71054. Cf. à ce propos aussi la compilation 50 ans de la fin de la Seconde guerre mondiale dodis.ch/T2688.↩
- 8
- À la fin de la Seconde Guerre mondiale, grâce aux informations qu’il obtient en tant que volontaire du CICR, Louis Haefliger empêche l’assassinat des détenus du camp de concentration de Mauthausen, qui devait être détruit à l’explosif, en avertissant les troupes américaines. Celles-ci peuvent libérer le camp le 5 mai 1945. Le CICR, considérant l’intervention de Haefliger comme un manquement aux instructions reçues, le renvoie. En 1990, Haefliger est réhabilité par le président du CICR, Cornelio Sommaruga.↩
- 9
- Zur Organisation der Sondersession vgl. das BR-Prot. Nr. 541 vom 5. April 1995, dodis.ch/74599. Die Rede wurde auf Deutsch verfasst und ins Französische sowie ins Italienische übersetzt, vgl. dodis.ch/70433. Für die tatsächlich gehaltene, dreisprachige Rede vor dem Parlament vgl. dodis.ch/70376. Für eine Disposition der Rede, verfasst von den persönlichen Mitarbeitern Bundespräsident Villigers, Kenneth Angst und Daniel Eckmann, sowie dem stv. Generalsekretär des EMD, Bernhard Marfurt, vgl. dodis.ch/73421.↩
- 10
- Höchstwahrscheinlich bezieht sich Bundespräsident Villiger auf die in einem Brief vom 21. April 1995 an die Präsidenten von National- und Ständerat geäusserte Kritik der Fraktionspräsidentin der SP, Nationalrätin Ursula Mauch, daran, dass an der Gedenkfeier ausschliesslich Mitglieder bürgerlicher Parteien zu Wort kämen, vgl. dodis.ch/74598.↩
- 11
- Vgl. dazu die Zusammenstellung dodis.ch/C2823.↩
- 12
- Im Wortlaut der gehaltenen Rede unterscheiden sich die zitierten Passagen wie folgt: «Es steht für mich ausser Zweifel, dass wir gerade mit dieser Politik gegenüber den verfolgten Juden diese Schuld auf uns geladen haben. [...] Wir haben damals im allzu eng verstandenen Landesinteresse eine falsche Wahl getroffen. Der Bundesrat bedauert das zutiefst. Er entschuldigt sich dafür im Wissen darum, dass solches Versagen letztlich unentschuldbar ist», vgl. dodis.ch/70376. Zur Regelung der Frage der Einreise von reichsangehörigen Juden in die Schweiz vom 29. September 1938 vgl. DDS, Bd. 12, Dok. 414, dodis.ch/46674, und Dok. 416, dodis.ch/46676.↩
- 13
- Vgl. die Antwort des Bundesrats vom 13. Juni 1994 auf die Einfache Anfrage 93.1118 Rehabilitierung von Polizeihauptmann Paul Grüninger von Nationalrat Paul Rechsteiner vom 17. Dezember 1993, BR-Prot. Nr. 1063 vom 30. Mai 1995, dodis.ch/67741, sowie die Zusammenstellung dodis.ch/C2575. Zur Verankerung des Non-Refoulement-Prinzips vgl. das Asylgesetz vom 5. Oktober 1979, Art. 45, AS, 1980, S. 1727. Vgl. dazu auch DDS 1994, Dok. 62, dodis.ch/68029.↩
- 14
- Im Wortlaut der gehaltenen Rede unterscheiden sich die zitierten Passagen wie folgt: «Ich weiss, dass man das alles nicht einfach mit positiven Leistungen verrechnen oder saldieren kann. [...] Einige von ihnen wurden dafür sogar bestraft; Namen wurden vorhin genannt.» Bundespräsident Villiger bezieht sich auf das Votum seines Vorredners, Nationalratspräsident Claude Frey, der Polizeihauptmann Grüninger und Vizekonsul Carl Lutz von der schweizerischen Gesandtschaft in Budapest namentlich erwähnte, vgl. dodis.ch/70376.↩
- 15
- La Cheffe du DFI, la Conseillère fédérale Ruth Dreifuss, prononce également un discours lors d’une manifestation commémorant la fin de la Seconde Guerre mondiale, le 8 mai 1995 à Thoune, cf. dodis.ch/70595. Pour les lettres adressées au Président de la Confédération Villiger en réaction à son discours du 7 mai 1995, cf. le dossier CH-BAR#E5004A#2014/94#31* (005.322-008).↩
- 16
- Pour les projets de lettres, cf. la notice du DFAE au Conseil fédéral du 1er mai 1995, dodis.ch/73406.↩
- 17
- Cf. les lettres du Président de la Confédération Villiger à la Reine britannique Elisabeth II, au Président russe Boris Eltsine, au Président français François Mitterrand et au Président américain Bill Clinton du 4 mai 1995, dodis.ch/70377. Pour les réponses, cf. le dossier CH-BAR#E5004A#2014/94#33* (005.322-008).↩
Liens avec d'autres documents
| http://dodis.ch/71780 | est discuté dans | http://dodis.ch/70371 |
| http://dodis.ch/70376 | est discuté dans | http://dodis.ch/70371 |
Tags
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