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Diplomatic Documents of Switzerland, vol. 1994, doc. 6
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| Archive | Swiss Federal Archives, Bern | |
| Archival classification | CH-BAR#E2200.309-01#2004/153#27* | |
| Dossier title | Allgemeines (1994–1995) | |
| File reference archive | 331.0 • Additional component: Usbekistan |
| Archive | Swiss Federal Archives, Bern | |
| Archival classification | CH-BAR#E2200.157-04#2005/410#1* | |
| Dossier title | Beziehungen der Schweiz zu Usbekistan (1993–1996) | |
| File reference archive | 331.0 |
| Archive | Swiss Federal Archives, Bern | |
| Archival classification | CH-BAR#E2010A#2005/342#1976* | |
| Dossier title | Allgemeines (1994–1996) | |
| File reference archive | B.15.21 • Additional component: Uzbekistan |
| Archive | Archives of the Swiss National Bank, Bern |
| Archival classification | CH-ASNB 381 IWF-Ländergruppe |
| Dossier title | Usbekistan (1993–2004) |
| File reference archive | 3.8/3019 • Additional component: 381.61 |
| Archive | Swiss Federal Archives, Bern | |
| Archival classification | CH-BAR#E2010A#2001/161#1657* | |
| Dossier title | Allgemeines (1991–1993) | |
| File reference archive | B.15.21 • Additional component: Uzbékistan |
dodis.ch/62977Entretiens du Chef du DFF, le Président de la Confédération Stich, avec le Président ouzbek Karimov1
Visite à Berne, le 27 janvier 1994
À l’occasion de son voyage en Suisse pour assister au World Management Forum de Davos,2 le Président Karimov (K) a été reçu par le Président de la Confédération, le Conseiller fédéral Otto Stich (S) pour un bref entretien suivi d’un dîner au Lohn. La liste des participants aux entretiens et au dîner figure en annexe.3 Les entretiens (45 minutes) ont porté sur les relations avec la Suisse, la situation économique en Ouzbékistan, en particulier l’introduction de la monnaie nationale, les relations avec le FMI, le Tadjikistan, et la question des bâtiments de l’Ambassade suisse à Tachkent.
En guise d’introduction, K[arimov] a relevé le développement favorable des relations économiques et des échanges commerciaux Suisse/Ouzbékistan en 1993.4 Ce faisant il a souligné la très grande importance qu’il attribuait aux relations avec nos banques, notamment le Crédit Suisse et l’UBS, auprès desquelles l’Ouzbékistan a des actifs considérables et desquelles il attend un rôle actif de financement dans son pays. K[arimov] souhaite que les entreprises suisses s’engagent à côté des autres entreprises étrangères pour développer l’extraction de minerais (or et autres métaux) et la transformation de matières premières (coton).5
Interrogé par S[tich] sur les réformes économiques annoncées au début de cette année, K[arimov] n’a mentionné que la création d’une bourse de valeurs et la libre vente des actions des entreprises ouzbèques. D’après lui, son pays dispose de trois atouts principaux pour attirer des investissements étrangers: un gouvernement et un système politique stables; la garantie accordée aux entreprises pour le rapatriement de leurs profits; la crédibilité financière de l’Ouzbékistan qui n’est pas endetté sur le plan international.
Pour K[arimov], les investissements suisses sont particulièrement bienvenus, car ils ne sont pas liés à des conditions politiques, ce qui correspond aux principes de désidéologisation de l’économie qu’il entend promouvoir.6
Interrogé par S[tich] sur les expériences faites avec le passage à la nouvelle monnaie nationale sous forme de coupons, sur ses plans pour l’introduction définitive du «Sum» et sur l’effet de cette introduction sur la stabilité monétaire interne et externe, K[arimov] a surtout répondu par des détails sur les entreprises étrangères auxquelles l’Ouzbékistan s’est adressé pour imprimer les nouveaux billets. Il a cependant ajouté que son pays compte sur l’aide du FMI pour résoudre les questions touchant aux réserves monétaires et aux mesures pour assurer la stabilité monétaire interne et externe.
S[tich] a pour sa part souligné la nécessité d’une stricte discipline dans l’émission de la nouvelle monnaie. Son introduction ne devrait pas aboutir à freiner les relations économiques avec les pays voisins.7
La visite de K[arimov] ayant eu lieu quelques jours après les discussions au Conseil du FMI sur la politique économique du Gouvernement ouzbèque (consultations art. IV), au cours desquelles les critiques n’ont pas été ménagées, S[tich] s’est enquis de l’appréciation de K[arimov] sur ces critiques et sur les relations avec le FMI en général.9
Réponse de K[arimov]: il y a eu en effet des difficultés, mais ces difficultés sont plus de nature politique qu’économique. Avec la Banque mondiale l’Ouzbékistan n’a pas de problèmes et il vient de recevoir un crédit de 21 millions de dollars pour la restructuration de ses institutions. L’Ouzbékistan n’est pas demandeur pour les crédits du FMI; au contraire, dans quelques années, il sera lui-même pourvoyeur de crédits!
S[tich] a voulu savoir de K[arimov] quelle appréciation il portait sur la situation politique au Tadjikistan et sur les chances pour ce pays de rétablir une situation interne qui permette une aide internationale en faveur de la reconstruction économique.10
La réponse de K[arimov] a été plutôt sèche: les pays européens sont eux-mêmes confrontés à une situation bien plus grave en Bosnie-Herzégovine et pourtant personne n’est en mesure de rétablir la situation. Le Tadjikistan doit faire face à une vague de fondamentalisme qui représente un sérieux danger et qui ne permet pas de rétablir une situation politique interne normale. Au lieu de critiquer le Tadjikistan, mieux vaut l’aider à combattre le fondamentalisme, sous peine d’être complice d’une évolution semblable à celle de l’Iran.11 Le seul moyen d’aider le Tadjikistan est de le réintégrer rapidement dans la communauté internationale.
À la question de S[tich] sur le soutien que le Gouvernement ouzbèque entend apporter à la recherche d’un bâtiment adéquat pour notre ambassade à Tachkent, K[arimov] a répondu que trois propositions avaient été faites et qu’une décision sera prise dans ces prochains jours.13
- 1
- CH-BAR#E2200.309-01#2004/153#27* (331.0). Cette notice est rédigée et signée par le Délégué aux questions monétaires et financières internationales de l’Administration fédérale des finances (AFF) du DFF, Giovanni-Antonio Colombo, et transmise le 9 février 1994 aux Ambassades de Suisse à Moscou et Tachkent, ainsi qu’aux Directeurs exécutifs de la Suisse auprès du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, Daniel Kaeser et Jean-Daniel Gerber. Des copies sont remises, entre autres, au Chef du DFF, le Président de la Confédération Otto Stich, au Directeur de l’Office fédéral des affaires économiques extérieures (OFAEE) du DFEP, le Secrétaire d’État Franz Blankart, au Vice-président de la Direction générale de la BNS, Hans Meyer, au Directeur de l’AFF, Ulrich Gygi, et au Vice-directeur de l’OFAEE, le Ministre Rudolf Ramsauer, qui sont tous présents lors des entretiens avec le Président ouzbek Islam Karimov. Pour la liste complète des destinataires ainsi que des participants aux entretiens, cf. le facsimilé dodis.ch/62977. La version ici éditée est celle reçue le 15 février 1994 par l’Ambassade de Suisse à Tachkent et visée le 16 février par l’Ambassadeur Paul Wipfli et son suppléant Paul Koller.↩
- 2
- Depuis 1987, le World Management Forum à Davos s’appelle World Economic Forum (WEF). Sur le WEF de l’année 1994, cf. DDS 1994, doc. 4, dodis.ch/64666.↩
- 3
- Cf. le facsimilé dodis.ch/62977.↩
- 4
- Cf. la notice préparatoire de la Section Pays d’Europe centrale et de l’Est, CEE/ONU de l’OFAEE du 24 janvier 1994, dodis.ch/69618, ainsi que celle d’Heinz Kaufmann de la Section Monnaie et FMI de l’AFF du 26 janvier 1994, dodis.ch/69620.↩
- 5
- Sur la livraison des entreprises suisses pour le combinat de coton à Boukhara, cf. la notice deHeinz Kaufmann du 25 janvier 1994, dodis.ch/69619.↩
- 6
- Sur la conditionnalité politique et économique de l’aide aux pays de l’Est, cf. DDS 1993, doc. 59, dodis.ch/64511, ainsi que le PVCF No 74 du 19 janvier 1994, dodis.ch/64143, la notice du Chef de la Division Soutien économique aux pays de l’Europe centrale et orientale de l’OFAEE, Hermann Escher, du 16 février 1994, dodis.ch/66424, et la notice de l’Ambassadeur Wipfli du 13 mai 1994, dodis.ch/68289.↩
- 7
- Pour une estimation de la situation économique et financière de l’Ouzbékistan, cf. la notice de Paul Koller de l’Ambassade de Suisse à Tachkent du 27 mai 1994, dodis.ch/66205.↩
- 8
- Sur l’Assemblée annuelle du FMI en octrobre 1994 à Madrid, cf. DDS 1994, doc. 43, dodis.ch/68204.↩
- 9
- Cf. la notice du Directeur exécutif Kaeser du 24 janvier 1994, dodis.ch/69621.↩
- 10
- Cf. la compilation Guerre civile du Tadjikistan (1992–1997), dodis.ch/T2403.↩
- 11
- Cf. la compilation Révolution iranienne (1978–1979), dodis.ch/T2635.↩
- 12
- En novembre 1992, le Conseil fédéral décide d’ouvrir une Ambassade de Suisse à Tachkent, cf. DDS 1992, doc. 51, dodis.ch/60694. Au cours du voyage du Conseiller fédéral Stich en Ouzbékistan en avril 1993, le Président Karimov lui promet son soutien à la recherche d’une chancellerie et d’une résidence adéquates, cf. DDS 1993, doc. 15, dodis.ch/56844.↩
- 13
- Cf. les dossiers CH-BAR#E2024B#2003/261#1328* (a.632.11) et CH-BAR#E2024B#2003/261#1394* (a.632.21).↩
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Bretton Wood's Institutions Tajikistan (General) World Economic Forum, Davos


