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Diplomatische Dokumente der Schweiz, Bd. 1995, Dok. 62
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| Archiv | Schweizerisches Bundesarchiv, Bern | |
| Signatur | CH-BAR#E2023A-01#2005/37#4281* | |
| Dossiertitel | Secrétariat de la Convention biodiversité, Band 5 (1995–1996) | |
| Aktenzeichen Archiv | o.713-845.26(2) |
| Archiv | Schweizerisches Bundesarchiv, Bern | |
| Signatur | CH-BAR#E2210.7-05#2006/118#952* | |
| Dossiertitel | Convention sur la diversité biologique, candidature suisse pour l'établissement du secrétariat permanent, vol. III, août - décembre 1995 (1995–1995) | |
| Aktenzeichen Archiv | 240.314 |
| Archiv | Schweizerisches Bundesarchiv, Bern | |
| Signatur | CH-BAR#E3363-07#2009/233#1648* | |
| Dossiertitel | Genève internationale (1995–1996) | |
| Aktenzeichen Archiv | 8.60.4 |
| Archiv | Schweizerisches Bundesarchiv, Bern | |
| Signatur | CH-BAR#E2023A-01#2005/37#18* | |
| Dossiertitel | Etablissement à Genève des secrétariats permanents des conventions climat, désertification, CITES et convention de Bâle, Band 3 (1995–1996) | |
| Aktenzeichen Archiv | o.104.11(4) |
dodis.ch/71696Séance interdépartementale du 7 décembre 19951
Groupe de travail pour les questions relatives à l’environnement. Rapport de réunion2
Plusieurs raisons – les unes déjà connues, les autres complétant les premières analyses faites à chaud – sont avancées pour expliquer l’échec de la candidature de Genève:3
– campagne canadienne menée avec beaucoup d’entrain et en utilisant le levier de l’aide au développement: le Canada déploie traditionnellement des efforts considérables dans le domaine de la coopération au développement; une partie de cette aide a été utilisée pour la promotion de Montréal comme siège du secrétariat biodiversité. En Suisse, il n’est pas concevable que l’aide bilatérale devienne un instrument de campagne.4 En revanche, il faudrait veiller à ce que les différents services de l’administration fédérale se concertent davantage pour mieux faire savoir ce qui se fait dans le domaine de la coopération au développement, d’une part, et ce qui est à l’agenda politique (campagnes), d’autre part, en vue d’arriver à un certain parallélisme entre les objectifs de notre politique étrangère et les différents moyens déployés pour atteindre ces objectifs.
– stratégie canadienne réussie en vue de récupérer les voix de Nairobi au second tour.
– politisation du débat: la question du siège du secrétariat a été portée sur le plan politique et les arguments rationnels (synergies) ont, une fois de plus, eu peu de poids dans la décision.
– la comparaison des coûts tend à démontrer que Genève est chère.5
– les États-Unis d’Amérique ont apparemment fait campagne pour Montréal bien qu’ils n’aient eux-mêmes pas eu le droit de voter.
– mécontentement de la communauté internationale vis-à-vis de la Suisse, qui a déjà tant d’organisations sur son territoire: en proclamant pendant longtemps que Genève était la «capitale mondiale de l’environnement», nous avons embarrassé un certain nombre de pays. La Suisse donnait ainsi l’impression qu’elle contestait à Nairobi sa qualité de ville hôte des Nations Unies.6
– un certain isolement politique de la Suisse ne facilite pas la conduite d’une campagne en faveur de la Genève internationale (dans le cas présent, la Suisse n’est membre ni de l’UE ni du Commonwealth).7 La francophonie peut-elle jouer un rôle plus important (le Québec est membre de la francophonie)? S’il apparaît tentant de créer un «club des amis de Genève» incluant, entre autres, la France ou l’Australie, il faut néanmoins que la Suisse demeure en pointe pour promouvoir la Genève internationale; cette tâche ne saurait être déléguée à d’autres pays.
– la Suisse est perçue comme un pays qui donne d’une main ce qu’elle prend de l’autre. La comparaison avec les facilités offertes par d’autres villes hôtes démontre que Genève dispose de nombreux avantages. Cependant, plus le produit est bon dans l’ensemble, plus ses petites imperfections sont remarquées (il est fait mention du plancher de 100 francs pour avoir droit à la déduction de la TVA).8
Genève continuera sans doute à être un centre important de la négociation internationale en matière d’environnement, notamment dans le domaine de la formation (avec l’Académie de l’environnement) et pour ce qui est de la tenue de conférences (2ème COP climat en juillet 1996;9 panels forêt en mars et év. sept/oct. 199610). À cela s’ajoute que l’environnement est un sujet horizontal constamment évoqué dans les travaux de pratiquement toutes les organisations internationales établies à Genève. Le rôle des ONG ne doit pas être sous-estimé non plus (pour des raisons juridiques, il ne faut néanmoins pas s’attendre, à court terme, à des changements significatifs des conditions d’accueil pour les ONG).
En revanche, sur le plan du nombre des fonctionnaires travaillant dans les différents organismes internationaux dont les activités sont spécifiques au secteur environnemental, le poids de ce domaine ne saute pas aux yeux. Une rapide analyse démontre que ce secteur n’occupe qu’une bonne centaine de personnes (alors que le Palais Wilson devrait accueillir à lui seul quelque 400 personnes).11
Suite aux décisions de Berlin et de Jakarta,12 un certain nombre de collaborateurs des deux secrétariats climat et biodiversité ont démissionné parce qu’ils ne souhaitent pas déménager. Il n’est toutefois pas possible de mettre sur pied des programmes et des structures ad hoc uniquement pour que les internationaux touchés par les décisions des États membres de ces deux conventions puissent rester en Suisse. En effet, nous devons tout faire pour éviter d’apparaître comme un mauvais perdant. Si, en revanche, les secrétariats demandent eux-mêmes à maintenir une antenne à Genève, la Suisse est prête à examiner sérieusement ces demandes.
D’une manière générale, il faut savoir que la promotion de la Genève internationale risque à l’avenir de soulever des réticences grandissantes au niveau du Parlement. Conscient du fait qu’il faudra désormais séparer ce qui peut paraître souhaitable de ce qui sera faisable, le Conseil fédéral, suivant ainsi les recommandations du groupe permanent conjoint Confédération–canton de Genève sur les priorités de la Genève internationale, veut mettre l’accent sur la consolidation du rôle de Genève comme siège d’organisations intergouvernementales actives dans les domaines où Genève fait déjà figure de centre de la coopération internationale. L’environnement fait partie de ces domaines.13
Pour l’instant, quatre villes ont manifesté leur disponibilité pour accueillir ce secrétariat: Bonn, Genève, Madrid et Nairobi. Une offre formelle devra être déposée dans le courant du printemps 1996. La décision à ce sujet sera prise lors de la 1ère COP, qui se tiendra vraisemblablement en juin 1997 (peut-être en Australie ou dans un pays méditerranéen ou d’Amérique latine).
Quant à l’opportunité de présenter une candidature formelle pour l’accueil de ce secrétariat, les opinions divergent très largement. Les uns sont prêts à s’engager dans une candidature pour que ce secrétariat puisse rester à Genève, tandis que les autres craignent un troisième échec en série et des conséquences négatives évidentes pour l’image de Genève et de la Suisse comme État hôte d’organisations internationales. Il ne pourra y avoir de voie médiane: si la Suisse annonce sa candidature, elle devra faire campagne et s’engager comme elle l’a fait pour le climat et la biodiversité.14
Les membres du groupe sont invités à formuler par écrit leurs observations et à les faire parvenir à la DP III, Section des questions État hôte avant la fin janvier 1996. Les autorités genevoises seront aussi contactées à ce sujet afin que leur appréciation de la situation soit également connue. La DP III, responsable des dossiers de candidature de Genève, procédera à l’analyse des différents points de vue et, le cas échéant, élaborera, en concertation avec tous les services intéressés, une proposition qui devra être soumise aux chefs du DFAE et du DFI.15
D’épineuses questions de détail surgissent lorsqu’on évoque le départ des deux secrétariats: Faut-il poursuivre l’aide financière de départ («Starthilfe»)? Que se passera-t-il avec le mobilier mis à disposition des secrétariats? Quand ces secrétariats devront-ils quitter Genève? Le retard qui intervient dans le déménagement du secrétariat climat complique encore une situation qui est loin d’être claire, en raison notamment du flou des accords négociés en 1992.17 Il est admis, comme principe, que la Suisse doit respecter ses engagements, mais qu’elle ne doit pas aller au-delà de ses obligations. La gestion correcte des moyens financiers mis à disposition par la Confédération est une tâche de premier ordre. La fermeté est de mise.
Les retards chroniques dans les paiements du PNUE pour les infrastructures du GIEC sont évoqués. Ce Programme est apparemment le seul organisme international à ne pas s’acquitter correctement de ses charges. Une prise de contact avec les responsables du PNUE est donc nécessaire pour que les paiements interviennent désormais à temps. Si la situation ne s’améliore pas, les contributions volontaires que la Suisse verse au PNUE pourraient être réduites.18
- 1
- CH-BAR#E2023A-01#2005/37#18* (o.104.11(4)). Cette notice est rédigée et signée par Claude Crottaz de la Section Questions État hôte de la Division politique III du DFAE. Elle est transmise par le Chef de section Robert Steiner le 20 décembre 1995 au Directeur de l’Office fédéral de l’environnement, des forêts et du paysage (OFEFP) du DFI, Philippe Roch; à la Section Affaires internationales de l’OFEFP; à Odile Keller de la Section Questions industrielles internationales de l’Office fédéral des affaires économiques extérieures (OFAEE) du DFEP; à la Direction de la coopération au développement, de l’aide humanitaire et de la coopération technique avec l’Europe centrale et orientale (DDACE) du DFAE; au Chef du Service sectoriel environnement/forêt de la DDACE, Theodor Wiederkehr; au Chef de la Section Affaires de l’environnement de la Division politique V du DFAE, Claude-Georges Ducret, et au Chef de la Mission permanente de la Suisse près les Organisations internationales à Genève, l’Ambassadeur Walter Gyger.↩
- 2
- Annotation dans le texte original: Participants: Amb. Boulgaris, DFAE (présidence); M. Roch, Directeur OFEFP, Mme Morand, OFEFP; Mme Keller, OFAEE; Amb. Gyger, Mission suisse ONU Genève; Amb. Ritz, DFAE, DP III, M. Wiederkehr, DFAE, DDACE, M. Ducret, DFAE, DP V, MM. Steiner et Crottaz, DFAE, DP III.↩
- 3
- Suite à la conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement (CNUED) à Rio de Janeiro en 1992 – cf. DDS 1992, doc. 22, dodis.ch/61051, et la compilation dodis.ch/T1726 – les trois secrétariats intérimaires des conventions sur le climat, la biodiversité et la désertification sont installés à Genève. Pour les efforts de la diplomatie suisse pour obtenir également l’attribution des secrétariats permanents à Genève, cf. la circulaire du Directeur de la Direction des organisations internationales (DOI) du DFAE, l’Ambassadeur François Nordmann, du 6 octobre 1994, dodis.ch/68339, et la compilation dodis.ch/T1849.↩
- 4
- Cf. à ce propos l’évaluation du Chef de la Mission permanente d’observation de la Suisse auprès de l’ONU à New York, l’Ambassadeur Johannes Manz, du 17 novembre 1995, dodis.ch/74179, ainsi que la réponse du Chef de la Division politique III, l’Ambassadeur Armin Ritz, du 20 décembre 1995, dodis.ch/74186.↩
- 5
- Pour la comparaison des offres pour le secrétariat de la convention sur la diversité biologique, cf. la notice de la Division politique III du 28 août 1995, dodis.ch/74195.↩
- 6
- Pour la réaction du Kenya à l’intention de la Suisse de faire de Genève le siège des activités internationales dans le domaine de l’environnement, cf. la lettre de l’Ambassadeur de Suisse à Nairobi, Armin Kamer, à l’Ambassadeur Nordmann, du 23 mars 1992, dodis.ch/62072. Sur le rôle de Genève dans la politique internationale de l’environnement, cf. également la campagne suisse en faveur de Genève comme siège de la commission du développement durable (CDD), DDS 1992, doc. 56, dodis.ch/62551.↩
- 7
- La marginalisation internationale croissante de la Suisse est également abordée à la suite de la première conférence des parties (COP) de la convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatique à Berlin, cf. DDS 1995, doc. 15, dodis.ch/70310. Cf. à ce propos également la notice de la Cheffe de la Section changements climatiques de OFEFP, Pascale Morand Francis, du 23 août 1995, dodis.ch/74162.↩
- 8
- Pour l’offre suisse actualisée après la décision prise à Berlin, cf. dodis.ch/74190. ↩
- 9
- Cf. la note d’information du DFI au Conseil fédéral du 20 août 1996, dodis.ch/70920.↩
- 10
- Annotation dans le texte original: Le financement de ces panels sera assuré par l’OFEFP. Les Intergovernmental Panels on Forests (IPF) ont eu lieu respectivement du 11 au 22 mars 1995 et du 9 au 20 septembre à Genève, cf. à ce propos le dossier CH-BAR#E2023A-01#2005/37#4254* (o.713-845.22.32).↩
- 11
- Cf. à ce propos le Message concernant le financement de la transformation et de l’aménagement du Palais Wilson en «Maison de l’environnement» à Genève (Message Palais Wilson) du 20 octobre 1993, dodis.ch/64290.↩
- 12
- Pour la COP 1 du 28 mars au 7 avril 1995 à Berlin, dans le cadre de laquelle Bonn est choisie pour accueillir le secrétariat permanent de la convention-cadre, cf. DDS 1995, doc. 15, dodis.ch/70310, ainsi que la compilation dodis.ch/C2758. Pour un aperçu de la deuxième COP de la convention sur la diversité biologique du 6 au 17 novembre 1995 à Jakarta, cf. la note d’information du DFI au Conseil fédéral du 21 novembre 1995, dodis.ch/68785, ainsi que la compilation dodis.ch/C2771.↩
- 13
- Pour les analyses du groupe de travail permanent conjoint Confédération–Canton de Genève et la stratégie qui en découle, cf. DDS 1995, doc. 42, dodis.ch/72112.↩
- 14
- Cf. la compilation Établissement des secrétariats des conventions sur le climat, la biodiversité et la désertification à Genève (1992–1996), dodis.ch/T1849.↩
- 15
- La Suisse renonce finalement à présenter la candidature de Genève pour le secrétariat permanent de la convention sur la lutte contre la désertification et soutient la candidature de Bonn, cf. la notice du Directeur de la Direction politique du DFAE, le Secrétaire d’État Jakob Kellenberger, au Chef du DFAE, le Conseiller fédéral Flavio Cotti, du 9 mai 1995, dodis.ch/71835.↩
- 16
- Annotation dans le texte original: Les deux derniers points à l’ordre du jour sont traités en l’absence de MM. Roch, Gyger et Ritz.↩
- 17
- Lors de la séance du 29 avril 1992 le Conseil fédéral décide de cofinancer le secrétariat intérimaire de la convention sur le climat, cf. le PVCF No 776, dodis.ch/60499. Cf. à ce propos aussi la proposition du DFI du 25 mai 1992, traitée lors de la séance du Conseil fédéral du 1er juin 1992, PVCF No 1045, dodis.ch/60502. Pour l’accord avec l’UNEP sur le sécretariat intérimaire de la convention sur la biodiversité à Genève du 22 décembre 1992, cf. dodis.ch/74528. Cf. aussi le PVCF No 2482 du 23 décembre 1992, dodis.ch/62369. ↩
- 18
- Pour les problèmes structurels du PNUE, cf. la lettre du Chef de la Division politique V, l’Ambassadeur Anton Greber, à l’Ambassadeur de Suisse à Nairobi, Hans-Peter Erismann, du 9 mai 1996, dodis.ch/74525. Pour la politique générale de la Suisse vis-à-vis du PNUE, cf. la notice de Rolf Stalder de la DOI de novembre 1993, dodis.ch/65344.↩
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Übereinkommen über die biologische Vielfalt (1992)
Ansiedlung der Sekretariate der Klima-, Biodiversitäts- und Desertifikationskonventionen in Genf (1992–1996) Übereinkommen der Vereinten Nationen zur Bekämpfung der Wüstenbildung (1994) Die internationale Rolle Genfs



