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| Archive | Swiss Federal Archives, Bern | |
▼ ▶ Archival classification | CH-BAR#E7115B#2003/35#1851* | |
| Old classification | CH-BAR E 7115(B)2003/35 487 | |
| Dossier title | Beziehungen zu anderen Staaten (1994–1996) | |
| File reference archive | 3/052-LA • Additional component: Laos |
| Archive | Swiss Federal Archives, Bern | |
▼ ▶ Archival classification | CH-BAR#E2010A#2005/342#1939* | |
| Old classification | CH-BAR E 2010(A)2005/342 1199 | |
| Dossier title | Allgemeines (1994–1996) | |
| File reference archive | B.15.21 • Additional component: Laos |
| Archive | Swiss Federal Archives, Bern | |
▼ ▶ Archival classification | CH-BAR#E2200.101-02#2007/52#11* | |
| Old classification | CH-BAR E 2200.101-02(-)2007/52 1 | |
| Dossier title | Besuche laotischer Delegationen in der Schweiz (1993–1996) | |
| File reference archive | 331.2 |
| Archive | Swiss Federal Archives, Bern | |
▼ ▶ Archival classification | CH-BAR#E2026A#2005/9#2009* | |
| Old classification | CH-BAR E 2026(A)2005/9 514 | |
| Dossier title | Allgemeines, Band 1 (1994–1994) | |
| File reference archive | t.311-Laos |
dodis.ch/67956Entretiens du Chef du DFAE, le Conseiller fédéral Cotti, avec le Ministre des affaires étrangères laotien Lengsavat à Berne1
Visite officielle de travail à Berne, le 4 mars 1994
(Un résumé de cette visite figure dans les informations hebdomadaires normales 10/94 du 7 mars 1994.)2
1. 1. Propos de M. Lengsavat (L)
L’aide de la Suisse est très fructueuse. L[engsavat] se réjouit du renouvellement de notre volonté d’apporter notre soutien. Ce soutien, qu’il soit bi- ou multilatéral, représente une contribution positive au développement du Laos, en particulier en ce qui concerne l’éducation et la mise en place d’infrastructures (électricité, irrigation).
Les résultats des réformes entreprises depuis 1986 ont permis une augmentation du produit intérieur brut de l’ordre de 6 à 7% par an. Le gouvernement bénéficie du soutien du peuple pour ces réformes; c’est une garantie pour la paix sociale du pays. Il est déterminé à les poursuivre selon les mécanismes de l’économie de marché. Il s’efforce aussi d’élargir les relations et la coopération économiques avec l’étranger. Le Laos est un petit pays qui souffre de sous-développement. Il dispose néanmoins de beaucoup de ressources naturelles. Les autorités sont animées de la ferme volonté de développer le pays comme tous les pays du monde. Elles désirent voir les autres pays apporter leur soutien à ce sujet. Le Laos veut aussi renforcer les liens d’amitié qui le lient aux autres pays, en particulier à ses voisins. Il est devenu observateur de l’ASEAN afin de créer un environnement extérieur favorable. Parallèlement, il essaie de développer ses relations avec les États européens et d’autres pays.
La Suisse a été le lieu de réunions pour la paix durant la période de lutte du Laos pour obtenir son indépendance nationale. Le peuple lao connaît ainsi fort bien les accords de Genève et de Zurich.4 La Suisse est un pays développé et neutre. De ce fait, elle peut jouer un rôle important en Asie du Sud-Est et dans le monde. Cette visite en Suisse vise à renforcer l’amitié et la coopération bilatérales. Il existe beaucoup de points communs entre les deux pays (pays enclavés, relief montagneux, pays pluriethniques). L[engsavat] s’intéresse beaucoup à la voie choisie par la Suisse pour son développement. Il attend d’elle qu’elle accorde son soutien à son pays. Il se réjouit de l’aide également apportée par la Suisse dans le cadre du Comité du Mékong, car cette aide convient aux besoins du Laos et joue donc un rôle important.5
1.2. Propos du Conseiller fédéral Flavio Cotti
Les relations entre les deux pays ont été nouées au moment où le territoire suisse, plus précisément les villes de Genève et de Zurich, a servi à l’évolution vers l’indépendance du Laos. Le gouvernement laotien, dans ses efforts pour introduire l’économie de marché, se trouve sur la juste voie. La Suisse, malgré son enclavement et l’absence de débouchés sur la mer, a connu un développement économique très important qui a permis à sa population de bénéficier du bien-être qu’elle connaît aujourd’hui. Le fait que la Suisse se trouve dans le voisinage de pays puissants et développés l’a aidée. L’ensemble des pays européens se sont fortement développés, à des vitesses variables. L’évolution a donc été généralisée en Europe. Le Laos appartient à une région en plein développement économique. Il lui revient de créer les conditions-cadre nécessaires pour se joindre à cette évolution. Parmi elles, la sécurité des investissements est un élément prioritaire. Les conditions politiques jouent aussi un rôle. La Suisse accorde beaucoup d’importance aux droits de l’homme. Elle a reçu le mandat lors de la conférence sur le droit humanitaire qui s’est tenue l’année dernière à Genève de rechercher les possibilités de renforcer le respect du droit de la guerre.6 Le Laos aura reçu, au cours de ces derniers jours, des idées de base proposées par la Suisse pour une conférence à ce sujet, qui aura lieu en 1995.7 La Suisse compte sur le soutien du Laos en la matière. À ce sujet, L[engsavat] a affirmé que le soutien de son pays pouvait être considéré comme une chose acquise.
2.1. Propos de M. Somsavat
2.1.1. Coopération au développement et aide humanitaire. – Les deux parties ont convenu qu’il n’existait pas de problème à propos des projets de coopération au développement menés par la Suisse au Laos et de l’aide humanitaire que celle-ci lui octroie.
L[engsavat] a rappelé que le Laos figure parmi les pays les moins développés. Le sous-développement du Laos est mis sur le compte des Français, qui se seraient à l’époque coloniale beaucoup moins préoccupés de son développement économique qu’ils ne l’ont fait pour le Vietnam et le Cambodge.
Selon L[engsavat], le Laos a tenté après l’indépendance de suivre le modèle de développement soviétique, durant 4 ans. Mais il a constaté qu’il ne lui était pas possible de poursuivre dans cette voie, qu’il fallait tenir compte des spécificités nationales. Il a donc conduit à bien des réformes tout en maintenant l’unité nationale.
Le Laos est bien sûr disposé à recevoir une aide suisse, qu’elle soit bi-, multi- ou multibilatérale. L[engsavat] souhaite que la Suisse accroisse son aide en sa faveur et donne la priorité au secteur de l’éducation, car son pays accorde la priorité au développement des ressources humaines.
Sa deuxième priorité va aux infrastructures, indispensables à tout projet de développement. L[engsavat] mentionne à ce sujet qu’un projet de construction d’une ligne de transport d’électricité9 et qu’un projet d’irrigation ont été menés par la Suisse. Il demande si celle-ci aurait la possibilité d’agir dans le secteur des voies de communication. Il signale que le Laos est aussi intéressé par les investissements privés. Il relève que la Suisse dispose de beaucoup d’expérience dans le domaine hydro-électrique. Or, le Laos dispose d’un grand potentiel en matière de production d’hydro-électricité; de plus, il existe un marché important pour cette forme d’énergie chez ses voisins (Thaïlande, Cambodge). L[engsavat] estime donc qu’il serait bon que la Suisse s’engage dans ce secteur. (Voir aussi chiffre 3 quant aux secteurs dans lesquels le Laos souhaite voir le secteur privé suisse s’engager.)
En réponse à une question, L[engsavat] précise que l’initiative de la Banque asiatique de développement en faveur du développement de la sous-région concernait initialement six pays (avec la province chinoise concernée). L’idée d’une coopération quadripartite (Laos, Birmanie, Chine, nord de la Thaïlande) a été émise sitôt après. Le Laos n’a pas encore pris position à ce sujet; il s’efforce de réunir des informations en la matière et se donne un temps de réflexion. Il considère cependant d’ores et déjà que la construction de routes est le secteur le plus important pour le développement de la région.
2.1.2. Mékong. – L[engsavat] souligne que son pays est confronté à un problème important dans le cadre du Comité du Mékong, résultant de la politique suivie par la Thaïlande au sujet de ce fleuve. Le Laos, le Vietnam et le Cambodge sont d’avis que l’utilisation du Mékong devrait tenir compte des intérêts de tous les États riverains. Or, la Thaïlande utilise beaucoup d’eau du Mékong pour l’irrigation de sa partie nord-est, dont le développement ne suit pas celui du reste du pays. Des discussions ont lieu à ce sujet, sans que l’on sache toutefois très bien sur quoi elles vont déboucher.
Le Laos a aussi des problèmes bilatéraux avec la Thaïlande, surtout en ce qui concerne la construction de berges sur ce fleuve, qu’elle est à même de réaliser puisqu’elle dispose de ressources budgétaires importantes. Ces berges sont construites jusqu’en face de Vientiane, sans consultations du Laos. Or, elles provoquent parfois une modification du courant propre à miner les rives laotiennes. Le Laos fait malgré tout preuve de beaucoup de patience et continue à discuter de cette question au sein du Comité du Mékong, car ce dialogue est utile.
Le Premier ministre australien10 participera le 8 avril prochain à la cérémonie d’inauguration du seul pont sur le Mékong, financé par l’Australie, reliant le Laos à la Thaïlande. Ce pont est l’objet de controverses entre ces deux pays, liées à la détermination de leur frontière le long du Mékong. Le Laos estime que ce pont devrait être partagé en parts égales entre les deux pays puisqu’il est un don de l’Australie. La Thaïlande considère que cette solution n’est pas possible et propose que soit retenu le thalweg, qui se trouve plutôt du côté du Laos à cet endroit.11
2.1.3. Réformes. – Les autorités ont mené une réforme administrative. Elles ont notamment effectué un regroupement des ministères, le nombre de ceux-ci passant de 23 à 16. Elles ont également décidé une nouvelle répartition du pouvoir entre les autorités centrales et régionales. Contrairement à ce qui est le cas en Suisse, où chaque canton possède sa propre Constitution, le Laos ne dispose que d’une Constitution nationale. Le gouverneur de chaque région n’a pas de compétence législative; celle-ci appartient à la seule Assemblée nationale. Il dispose cependant des revenus provenant de la région et de ceux attribués à celle-ci par le budget national.
2.1.4. Droits de l’homme. – Les droits de l’homme sont universels, mais c’est aussi le cas du droit au développement. Les droits de l’homme sont fonction du niveau de développement de chaque pays. À l’époque coloniale, les droits de l’homme passaient avant tout par l’indépendance pour le Laos. Aussitôt celle-ci acquise, il fallut penser au développement (enseignement, santé, niveau de vie de la population). Il n’est pas juste que les pays développés critiquent les pays en développement en la matière. Il faut revenir au slogan «Liberté, égalité, fraternité». On peut se permettre d’avoir les mêmes exigences en matière de droits de l’homme que si tous les États parviennent au même niveau de développement. L[engsavat] dit ne pas avoir manqué de rétorquer aux Américains qu’ils ne considéraient pas les Lao comme des êtres humains lorsqu’ils bombardaient leur pays.
L’Ambassadeur Reimann a précisé que les droits de l’homme ne sont pas pour la Suisse un moyen d’atteindre des buts politiques. Se servir des droits de l’homme avec de tels objectifs signifie qu’il y a deux poids deux mesures.12
2.1.5. ASEAN. – L[engsavat] rappelle que le Laos dispose depuis 1992 du statut d’observateur auprès de l’ASEAN. En 1993, lors de la conférence des ministres des affaires étrangères de cette organisation à Singapour, la question de l’adhésion de son pays en qualité de membre a été abordée. On a alors estimé que le niveau de son développement, comparé à celui des États membres, était trop bas pour permettre une adhésion rapide. Il a ainsi été convenu que chaque membre de l’ASEAN devrait aider le Laos à devenir membre en le soutenant dans son développement.
2.1.6. Relations économiques. – Il a été relevé par l’Ambassadeur Fust que les relations commerciales bilatérales sont très peu importantes.
L[engsavat] a relevé les facilités d’accès à la mer passées et actuelles octroyées au Laos par le Vietnam.
Selon l’un des membres de la délégation lao, les principaux partenaires économiques du Laos sont, dans l’ordre décroissant, la Thaïlande, Taïwan, les États-Unis et la Russie.
2.1.7. Invitation. – L[engsavat] a invité l’Ambassadeur Fust à se rendre au Laos.
2.2. Propos de la DDA
L’Ambassadeur Walter Fust a fourni à la délégation lao des informations sur la politique suivie par la Suisse en matière de coopération au développement et d’aide humanitaire ainsi que sur les limites de cette coopération. Il a indiqué que la DDA étudiera les possibilités d’une coopération plus intensive dans le domaine de l’éducation. Il a souligné l’approche régionale de la DDA pour la région du Mékong, qui va certainement devenir importante pour la Suisse. La DDA considère le Laos lui-même comme un partenaire important. Concernant l’engagement du secteur privé suisse au Laos, il a relevé combien il était important de montrer à celui-ci quel est le potentiel de développement du pays. Il s’agit de mieux faire connaître le Laos au sein de la communauté économique suisse.
M. Hanspeter Maag a indiqué que la DDA est engagée au Laos dans trois projets d’envergure, de longue haleine, soit:
– Institut international du riz. Promotion de la recherche, avec un accent important mis sur la formation de chercheurs. Aujourd’hui, il apparaît que ce projet durera certainement encore une dizaine d’années.13
– Institut polytechnique national. Ce projet cofinancé par la Banque mondiale, dans lequel la Suisse est engagée depuis 1989, devrait se terminer d’ici un an et demi.14 Mais on discute déjà de sa prolongation, car il s’agit de mettre en place une infrastructure et surtout un corps enseignant.
– Réforme de l’éducation. Cofinancement avec la Banque mondiale. Ce projet, orienté vers la formation primaire et, dans un second temps, secondaire, a été conclu en 1993; il est donc en train de démarrer. Il durera 5 à 7 ans.15
Selon L[engsavat], le Laos souhaite que les investisseurs suisses s’engagent dans le pays, par exemple dans les secteurs suivants: énergie hydro-électrique, banques, industrie, tourisme. Un APPI a déjà été conclu avec la France, la Thaïlande, la Malaisie. Un autre le sera en avril avec l’Australie.17
- 1
- CH-BAR#E2010A#2005/342#1939* (B.15.21). Ce compte-rendu est rédigé et signé par Olivier Yersin, responsable pour l’Asie de l’Est et du Sud-Est et l’Océanie à la Division politique II du DFAE. Il est très largement distribué pour information aux Divisions et Services du DFAE et de l’Office fédéral des affaires économiques extérieures (OFAEE) du DFEP, ainsi qu’à l’Ambassade de Suisse à Bangkok. Pour la liste complète des destinataires, cf. le facsimilé dodis.ch/67956.↩
- 2
- Ce point des informations hebdomadairees n’a pas été retrouvé. Pour les fragments retrouvés du télex hebdomadaires 10/94 du 7 mars 1994, cf. dodis.ch/68080.↩
- 3
- Pour la liste des participants, cf. le facismilé dodis.ch/67956, p. 8.↩
- 4
- Cf. la compilation Conférence du Laos (1961–1962), dodis.ch/T2552.↩
- 5
- Cf. à ce sujet le programme annuel 1994 pour la région du Mékong de la Direction de la coopération au développement et de l’aide humanitaire (DDA), dodis.ch/70074.↩
- 6
- Sur la Conférence internationale pour la protection des victimes de la guerre à Genève , cf. DDS 1993, doc. 36, dodis.ch/64863, et la compilation dodis.ch/C2427.↩
- 7
- Cf. la note d’information du DFAE au Conseil fédéral du 22 février 1995, dodis.ch/65741.↩
- 8
- Pour la liste des participants, cf. le facismilé dodis.ch/67956, p. 9.↩
- 9
- Sur le Nam Ngum–Luang Prabang Power Transmission Project, cf. la proposition de projet No 285/91 du 24 octobre 1991, dodis.ch/70097.↩
- 10
- Paul Keating.↩
- 11
- À ce propos, cf. la notice de Giatgen-Mario Pelican de l’Ambassade de Suisse à Bangkok du 29 avril 1994, dodis.ch/70073.↩
- 12
- Pour une évaluation de la situation des droits de l’homme au Laos, cf. la notice de Christine Schraner de la Section de la politique des droits de l’homme du DFAE du 22 février 1994, dodis.ch/70075.↩
- 13
- Cf. la proposition de projet No 120/93 du 10 août 1993, dodis.ch/70098.↩
- 14
- Cf. le PVCF No 711 du 3 mai 1989, dodis.ch/70150.↩
- 15
- Cf. le PVCF No 1420 du 25 août 1993, dodis.ch/63867.↩
- 16
- Cf. la notice du Vice-Directeur de l’OFAEE, Marino Baldi, à l’Ambassadeur de Suisse à Bangkok, Blaise Godet, du 7 mars 1994, CH-BAR#E2010A#2005/342#9123* (C.41.157.0). L’Accord entre la Confédération suisse et la République Démocratique Populaire Lao concernant la promotion et la protection réciproque des investissements est conclu le 4 décembre 1996, RO, 1999, p. 643–648.↩
- 17
- Sur l’état des négociations d’un accord de protection des investissements avec le Laos, cf. le dossier CH-BAR#E7115B#2003/35#5467* (3/741-LA).↩
- 18
- Phoune Khammounheuang.↩
- 19
- Cf. la notice de l’Office fédéral des assurances sociales du DFI à l’Ambassade du Laos à Paris du 22 février 1994, CH-BAR#E2010A#2005/342#4479* (B.31.31.0).↩
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