Également: Notice de transmission du Président de la Confédération Otto Stich au Conseil fédéral du 31.5.1994 (annexe).
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Documenti Diplomatici Svizzeri, vol. 1994, doc. 23
volume linkBern 2025
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| Archivio | Archivio federale svizzero, Berna | |
| Segnatura | CH-BAR#E8812#1998/341#218* | |
| Titolo dossier | BR-Sitzung vom 6. Juni BG und VO über Turnen und Sport, Totalrevision Asylgesetz (1994–1994) | |
| Riferimento archivio | 1 |
| Archivio | Archivio federale svizzero, Berna | |
| Segnatura | CH-BAR#E7001C#2001/86#824* | |
| Titolo dossier | Polen (1993–1993) | |
| Riferimento archivio | 2310-1 |
| Archivio | Archivio federale svizzero, Berna | |
| Segnatura | CH-BAR#E4801.2#2004/5#303* | |
| Titolo dossier | Bundesratssitzung vom 6.6.1994, Teil 2 (1994–1994) | |
| Riferimento archivio | 5 |
dodis.ch/65149Entretiens du Président de la Confédération Stich et des Conseillers fédéreaux Delamuraz et Cotti avec le Président polonais Wałęsa1
Visite d’État. Entretiens officiels du 25 mai 1994
Le Président de la République de Pologne, M. Lech Walesa (W) a été l’hôte de la Suisse pour la visite d’État de l’année 1994.2 Du 25 au 27 mai, il a visité successivement la ville de Berne, le Canton de Soleure et la ville de Zurich. À deux titres au moins il s’agissait d’une occasion hors du commun: personne, d’abord, n’a oublié le rôle historique de première importance de W[ałęsa];3 ensuite, il s’agissait de la première visite d’État en provenance d’un pays d’Europe centrale et orientale.4 La visite s’est déroulée dans une atmosphère chaleureuse, marquée par la personnalité charismatique et spontanée de W[ałęsa].
Le 25 mai 1994 avaient lieu les entretiens officiels. À cette occasion, W[ałęsa] était reçu par une délégation du Conseil fédéral, comprenant le Président de la Confédération Otto Stich5 ainsi que les Conseillers fédéraux Jean-Pascal Delamuraz et Flavio Cotti.6 Les points suivants étaient inscrits à l’ordre du jour: situation en Pologne, Europe centrale et orientale, architecture de sécurité en Europe, intégration européenne et relations bilatérales. Sous l’impulsion de W[ałęsa], l’accent a été mis sur les relations bilatérales, dans le domaine économique surtout.7
À la base de l’analyse de W[ałęsa], il y a la situation géostratégique de la Pologne: comme les autres pays de Visegrad, elle se trouve dans un espace de vide sécuritaire qui pourrait tenter le puissant voisin russe. «Nous avons peur de la Russie», dit W[ałęsa]. Les pays de Visegrad sont trop petits pour faire le poids. Ils ont besoin de partenaires occidentaux pour rétablir l’équilibre face à la Russie.8 Afin de stabiliser la région, d’éviter une nouvelle hégémonie de Moscou, W[ałęsa] ne propose cependant pas des arrangements militaires ou des cordons sanitaires. Le message, l’appel de celui qui se qualifie toujours de «révolutionnaire» est purement économique: «en Europe centrale, il y aura ou des affaires, ou des drames»; «il faut coopérer avec la Russie pour diminuer ses incertitudes». W[ałęsa] ne cesse de le répéter aux pays occidentaux: «venez investir en Europe centrale et orientale, il y a de grandes affaires à faire, les marchés sont énormes». Dans ce contexte, il pense d’abord à la Pologne et aux autres pays de Visegrad, où la situation est stabilisée et où plus personne ne remet les réformes en question; il pense ensuite et surtout à la Russie et aux deux voisins orientaux de la Pologne, l’Ukraine et la Biélorussie, qui n’ont pas encore réussi à établir leur indépendance politique et économique par rapport à Moscou. W[ałęsa] insiste sur les possibilités de coopération entre des partenaires occidentaux et polonais sur les marchés de la CEI.9
La discussion sur les relations bilatérales entre la Suisse et la Pologne a également été placée sous le signe de cet appel aux investisseurs. W[ałęsa] se réjouit des excellentes relations bilatérales mais il pense qu’elles pourraient être encore dynamisées. Avec une aide financière de Sfr. 285 mio. et une aide technique de Sfr. 26 mio. jusqu’à ce jour, la Pologne a bénéficié plus que tout autre pays d’Europe centrale et orientale du soutien de la Suisse. W[ałęsa] qualifie ces mesures de soutien d’exemplaires.10
Les relations économiques bilatérales sont en train de se développer: les exportations suisses vers la Pologne ont augmenté de 9% au cours du premier trimestre de cette année et les importations depuis la Pologne de 5%. Le déséquilibre de la balance commerciale en faveur de la Suisse reste cependant très prononcé (exportations de Sfr. 400 mio. environ en 1993 contre des importations de Sfr. 100 mio. environ). La Suisse est le sixième investisseur en Pologne.11 Dans le secteur économique, le cadre institutionnel est désormais en place : accord de protection des investissements, accord de double imposition, accord de libre échange AELE–Pologne (ce dernier, mis en vigueur provisoirement, doit encore être ratifié par le Parlement polonais).12 Ce sont maintenant les décideurs privés qui doivent profiter de ce cadre. Pour dynamiser les échanges et les investissements, il s’agit surtout de développer la qualité des produits et des services ainsi que les mesures favorisant la confiance réciproque. Les récents accords entre la Pologne et les Clubs de Paris (dette publique)13 et de Londres (dette privée)14 contribueront à augmenter cette confiance en diminuant le «risque polonais». Comme domaines où les échanges pourraient être intensifiés, la délégation polonaise cite le secteur des banques et l’industrie de transformation. Enfin, la délégation suisse explique qu’elle est favorable à l’adhésion de la Pologne et des autres pays de Visegrad à l’OCDE.
- 1
- CH-BAR#E7001C#2001/86#824*(2310-1). Cette note d'information au Conseil fédéral est redigée par Andreas Baum, qui est responsable entre autres pour la Pologne à la Division politique I du DFAE. Le Chef du DFF, le Président de la Confédération Otto Stich, signe la notice de transmission au Conseil fédéral. Pour les listes des délégations et le programme de visite, cf. le dossier CH-BAR#E2010A#2005/342#2429* (B.15.51.1(0)).↩
- 2
- Le Conseil fédéral voulait déjà inviter le Président polonais Lech Wałęsa pour une visite officielle en 1992, cf. le PVCF No 1524 du 28 août 1991, dodis.ch/57535. Le 20 octobre 1993, le Conseil fédéral décide d’inviter le Président Wałęsa pour la visite d'État de 1994. Si les sondages n’avaient pas abouti, la Présidente irlandaise Mary Robinson aurait été invitée pour la visite d’État annuelle, cf. le PVCF No 1901, dodis.ch/69559. La Présidente Robinson se rend néanmoins en Suisse en 1994, cf. la note d’information du DFAE au Conseil fédéral du 1er juin 1994, dodis.ch/65434.↩
- 3
- En tant que dirigeant syndical, Lech Wałęsa contribue activement à la transition démocratique de la Pologne durant les années 1980 et devient le premier président démocratiquement élu de Pologne en 1990. Cf. les rapports politiques No 11 et No 14 respectivement du 16 octobre 1990 et du 14 décembre 1990 de l’Ambassadeur de Suisse à Varsovie, Richard Gaechter, dodis.ch/54691 et dodis.ch/59872.↩
- 4
- Outre cette visite d'État, de nombreuses autres visites officielles de pays d'Europe centrale et orientale ont lieu après la fin de la guerre froide, cf. par exemple DDS 1990, doc. 5, dodis.ch/56181, et doc. 54, dodis.ch/55850, ainsi que DDS 1991, doc. 17, dodis.ch/57905.↩
- 5
- Le Président de la Confédération Stich accorde une interview à un journal polonais à l'occasion de la visite d'État, cf. dodis.ch/67972.↩
- 6
- Le Chef du DFAE, le Conseiller fédéral Flavio Cotti, effectue une visite en Pologne en février 1994, cf. la note d’information du DFAE au Conseil fédéral du 25 février 1994, dodis.ch/67296.↩
- 7
- Cf. la notice de l’Office fédéral des affaires économiques extérieures (OFAEE) du DFEP du 31 mai 1994, dodis.ch/67863.↩
- 8
- Sur le rôle de la Russie en matière de politique de sécurité, cf. aussi DDS 1993, doc. 56, dodis.ch/61424.↩
- 9
- Cf. la notice préparatoire de l’ OFAEE du 18 mai 1994, dodis.ch/69566.↩
- 10
- Pour un aperçu de la coopération renforcée de la Suisse avec l'Europe centrale et orientale, cf. DDS 1994, doc. 44. dodis.ch/67575.↩
- 11
- Pour un aperçu des relations économiques bilatérales, cf. les notices de l’OFAEE du 13 mai 1994 en préparation de cette visite, dodis.ch/69565.↩
- 12
- Accord entre la Confédération suisse et la République populaire de Pologne concernant la promotion et la protection réciproques des investissements, RO, 1990, pp. 917–923. Cf. aussi le PVCF No 1961 du 1er novembre 1989, dodis.ch/56639. Convention entre la Confédération suisse et la République de Pologne en vue d’éviter les doubles impositions en matière d’impôts sur le revenu et sur la fortune, RO, 1992, pp. 2010–2029. Cf. aussi le PVCF No 2062 du 23 octobre 1991, dodis.ch/57560. Pour la participation de la Suisse à l’Accord de libre-échange entre les États de l’AELE et la Pologne, cf. le PVCF No 2284 du 25 novembre 1992, dodis.ch/60702.↩
- 13
- Pour l’accord avec le Club de Paris de 1992, cf. le télex du Chef de la Section GRE, GRI, financement des exportations, consolidations de l’OFAEE, Kurt Schärer, du 25 avril 1991, dodis.ch/65896.↩
- 14
- Pour la participation de la Suisse à l’action de désendettement polonaise au sein du Club de Londres, cf. le PVCF No 1293 du 30 juin 1993, dodis.ch/64243.↩
Collegamenti ad altri documenti
| http://dodis.ch/70191 | vedere anche | http://dodis.ch/65149 |
| http://dodis.ch/71286 | documento corrispondente | http://dodis.ch/65149 |




