Printed in
Diplomatic Documents of Switzerland, vol. 25, doc. 78
volume linkZürich/Locarno/Genève 2014
more… |▼▶Repository
| Archive | Swiss Federal Archives, Bern | |
▼ ▶ Archival classification | CH-BAR#E2003A#1984/84#1777* | |
| Old classification | CH-BAR E 2003(A)1984/84 706 | |
| Dossier title | Adhésion de la Suisse à la CEE / ONU (1970–1971) | |
| File reference archive | o.715.21.2 |
dodis.ch/34673 L’Observateur de la Suisse auprès des Nations Unies à New York, B. Turrettini, au Chef de la Division des organisations internationales du Département politique, R. Keller1
Me référant à l’échange de correspondance2 que nous avons eu récemment concernant la candidature de notre pays à la Commission économique pour l’Europe, je vous informe que j’ai effectué, conformément à ce que nous avions convenu, des démarches auprès des quinze pays membres de l’ECOSOC suivants: France, États-Unis, Royaume-Uni, URSS, Italie, Norvège, Nouvelle-Zélande, Jamaïque, Pérou, Madagascar, Tunisie, Ceylan, Liban, Hongrie, Yougoslavie.
Ma première visite a été pour mon collègue de la Norvège, l’Ambassadeur Hambro, auquel j’ai demandé de bien vouloir présenter le projet de résolution3. Bien qu’il n’ait pu me donner de réponse définitive à ce sujet, il m’a assuré qu’il en informerait immédiatement son Gouvernement et qu’il pensait personnelle ment que ma requête ne devrait pas présenter de difficultés particulières à son pays4.
De plus, il m’a autorisé à informer les collègues des autres missions que je visitais que je lui avais demandé de parrainer ce projet de résolution.
Les réactions que j’ai enregistrées de la part de tous les autres chefs de mis sion furent unanimement très positives. Si un petit nombre d’entre eux ment ionnèrent le problème qui pourrait éventuellement surgir en relation avec l’Allemagne de l’Est5, ils n’en ont cependant pas conclu que cela pourrait en quoi que ce soit faire changer leur position.
Ayant terminé mes démarches hier, j’ai déjà appris que les Gouvernements de la Tunisie et du Royaume-Uni avaient fait savoir à leurs Représentants ici que leur soutien était acquis. Les Français m’ont déclaré qu’ils iraient même plus loin et qu’ils étaient prêts, selon des informations reçues de Paris, à parrainer ce projet de résolution.
L’accueil des Représentants des pays communistes, en particulier des Hongrois et des Yougoslaves, fut très chaleureux. L’Ambassadeur Mojsov m’a dit qu’à Belgrade on serait extrêmement satisfait d’apprendre la nouvelle de la candidature suisse à la CEE et que la présence de notre pays en qualité de membre à part entière à la Commission économique pour l’Europe ne pourrait que renforcer la position de celle-ci. Quant à l’Ambassadeur Malik de l’URSS, qui me reçut très aimablement (c’était d’ailleurs la première fois que j’effectuais une visite officielle au siège de la mission de l’URSS)6, il écouta avec attention ce que je lui dis et, sans bien entendu s’engager, me donna l’impression que son pays ne créerait pas de difficultés à notre égard. Il ne souleva pas directement le problème de la République démocratique allemande mais fit seulement l’étonné lorsque, en répondant à une des ses questions, je lui indiquai que la République fédérale d’Allemagne siégeait à la Commission depuis 1955. D’ailleurs, ma visite fut l’occasion pour lui de procéder à un large tour d’horizon de la situation internationale et de me poser de multiples questions sur la manière dont j’entrevoyais le problème de la succession de U Thant et celui de l’entrée éventuelle de la Chine aux Nations Unies7. Bien entendu, il ne manqua pas de souligner l’importance que son pays attacherait à ce que la Suisse prenne une part active, le moment venu, à la Conférence européenne de sécurité8.
À la lumière de ce que je vous ai rapporté plus haut, il apparaît donc que dans cette affaire le travail que j’avais à accomplir ici est terminé. C’est maintenant à Genève que nos représentants qui suivent l’ECOSOC devront faire un intense «lobbying» en relançant les pays membres, et en particulier les Norvégiens qui ne se sont pas encore prononcés ici concernant l’introduction du projet de résolution en question.
Bien que je n’en aie visité personnellement que quinze, tous les membres de l’ECOSOC à New York ont reçu une note9 leur demandant d’appuyer notre requête. Vous trouverez ci-joint la réponse10 que m’a fait parvenir la Mission permanente de la Grèce.
- 1
- Lettre: CH-BAR#E2003A#1984/84#1777* (o.715.21.2). Visée par F. Pictet et R. Keller. Copie à la Division du commerce du Département de l’économie publique et à la Mission permanente de la Suisse auprès des organisations internationales à Genève. Annotation manuscrite dans la marge de R. Keller: Il faudra remercier Turrettini. Deuxième annotation manuscrite: la liaison joue-t’elle d [ans]l [es]2 sens? informer H [um]B [ert]. Troisième annotation manuscrite: oui.↩
- 2
- Lettre de F. Pictet à B. Turrettini du 1er juin 1971, doss. comme note 1.↩
- 3
- Résolution du Conseil économique et social de l’ONU du 27 juillet 1971, UN doc. E/RES/ 1600(LI), doss. comme note 1.↩
- 4
- Annotation manuscrite: inf [ormer]Oslo?↩
- 5
- Sur cette question, cf. la lettre de P. Micheli à P. R. Jolles du 2 juin 1970, dodis.ch/34661.↩
- 7
- Cf. DDS, vol. 25, doc. 102, dodis.ch/34306.↩
- 8
- Sur la position de la Suisse à l’égard de la Conférence de sécurité, cf. DDS, vol. 25, doc. 144, dodis.ch/34499.↩
- 9
- Pour le texte de la note adressée, cf. le télégramme No 111 de B. Turrettini à la Division des organisations internationales du 7 juin 1971 et le télégramme No 125 de la Division des organisations internationales à B. Turrettini du 8 juin 1971, doss. comme note 1.↩
- 10
- Note de la Mission permanente de la Grèce auprès des Nations Unies à New York au Bureau de l’Observateur de la Suisse auprès des Nations Unies à New York du 14 juin 1971, doss. comme note 1.↩
Tags
UNO (General) Questions concerning the Accession to International Organizations


