Printed in
Diplomatic Documents of Switzerland, vol. 1995, doc. 37
volume linkBern 2026
more… |▼▶3 repositories
| Archive | Swiss Federal Archives, Bern | |
| Archival classification | CH-BAR#E7001D#2005/345#435* | |
| Dossier title | -1 Reiseprogramm und Auslandbesuche Departementschef (1995–1995) | |
| File reference archive | 236 |
| Archive | Swiss Federal Archives, Bern | |
▼ ▶ Archival classification | CH-BAR#E8009A#2003/75#21* | |
| Old classification | CH-BAR E 8009(A)2003/75 28 | |
| Dossier title | Bundesratssitzung vom 16 .8.1995; 1. Teil (1995–1995) | |
| File reference archive | 1 |
| Archive | Swiss Federal Archives, Bern | |
| Archival classification | CH-BAR#E4801.2#2004/5#374* | |
| Dossier title | Bundesratssitzung vom 16.8.1995, Teil 2 (1995–1995) | |
| File reference archive | 5 |
dodis.ch/70388Entretiens du Chef du DFEP, le Conseiller fédéral Delamuraz, avec le Président brésilien Cardoso à Brasilia et le Président mexicain Zedillo à Mexico1
Délégation économique au Brésil et au Mexique, du 5 au 13 juillet 1995 (Visite officielle en Argentine, le 8 juillet 1995)
Une délégation économique mixte s’est rendue sous ma présidence au Brésil et au Mexique du 5 au 13 juillet 1995. Cette mission s’inscrivait dans le cadre des efforts entrepris ces dernières années pour promouvoir les relations économiques entre la Suisse et les marchés en expansion d’outre-mer, en Amérique latine, en Asie et en Afrique du Nord.2 Elle avait notamment pour objectif d’établir un premier contact avec les nouveaux dirigeants de ces deux pays, à qui elle a apporté un message de soutien et d’intérêt de la part de la Suisse officielle et des milieux d’affaires. La délégation du secteur privé, comprenant une douzaine de représentants des principales branches de l’économie suisse, était conduite, au Brésil, par M. Andres Leuenberger et, au Mexique, par M. Rolf Meyer, respectivement Président et Membre du Vorort de l’USCI.3
En outre, je me suis rendu à Buenos Aires le 8 juillet 1995, où j’ai représenté le Conseil fédéral à la cérémonie d’inauguration du deuxième mandat du Président de la République argentine Carlos S. Menem.
Au Brésil, la délégation a été reçue par le Président de la République Fernando Henrique Cardoso et a eu des entretiens avec les principaux membres de son gouvernement, notamment le Ministre des Finances Pedro Malan. À São Paulo, elle a rencontré le Gouverneur de l’État et le Maire de la ville4 ainsi que les milieux d’affaires locaux réunis au sein de la Fédération des Industries de l’État de São Paulo (FIESP). Par ailleurs, j’ai apporté un message de reconnaissance du Conseil fédéral à la Chambre de Commerce suisse-brésilienne, qui célébrait le 50ème anniversaire de sa fondation.
Un an après le lancement du Plan Real, le moment de cette visite était politiquement et économiquement bien choisi. Les conditions-cadres pour les échanges avec ce premier partenaire de la Suisse en Amérique latine (1 milliard de Frs de commerce bilatéral; 3,8 milliards de Frs d’investissements) se sont encore améliorées.5 Le Brésil se trouve en pleine phase de stabilisation et de transformation, non seulement au plan économique mais également au niveau politique et social.6 Une vocation d’ouverture et une volonté de concurrence, tant à l’intérieur que sur le front externe sont en voie de s’instaurer. Les effets positifs du nouveau programme économique se manifestent en particulier par une baisse spectaculaire de l’inflation (actuellement 2% par mois contre une moyenne de 50% par mois en 1994) et par le maintien d’une croissance soutenue (+10,5% au premier trimestre). Les séquelles de la crise mexicaine sur l’économie brésilienne sont en passe de se résorber. Seule ombre au tableau, les déficits extérieurs restent de taille. À cet égard, la surévaluation actuelle du Real et le niveau élevé des taux d’intérêts apparaissent comme des handicaps sérieux. Par rapport à la première mission économique mixte qui avait visité le Brésil, en 1990, sous ma conduite, le contraste est frappant.7 Nos relations économiques, par ailleurs ancrées dans le cadre multilatéral renforcé de l’Organisation mondiale du commerce, sont empreintes d’une nouvelle confiance. Le champ de coopération s’est encore élargi avec la mise en vigueur du MERCOSUR (tarif extérieur commun, dès le 1.1.1995); l’ouverture de cette union douanière vers d’autres zones d’intégration comme l’ALENA et l’Union européenne offre également de nouvelles perspectives.
Le dialogue ouvert mené avec les autorités brésiliennes a permis de discuter franchement des points spécifiques liés aux activités des entreprises suisses au Brésil. La délégation suisse a insisté tout particulièrement sur une amélioration de la protection de la propriété intellectuelle et sur une prompte ratification de l’Accord de promotion et de protection des investissements, signé en novembre 1994.8 Elle a, en outre, plaidé en faveur d’un démantèlement aussi rapide que possible des récentes hausses tarifaires touchant notamment l’industrie des machines et certains produits textiles. En vue d’une intensification de la coopération économique, une déclaration d’intention visant la négociation d’un accord de double imposition a été signée entre le soussigné et le Ministre des Affaires étrangères Luiz Felipe Lampreia.9
Au Mexique, la délégation a été reçue par le Président de la République Ernesto Zedillo. Elle s’est également entretenue avec le Ministre des Affaires étrangères José Angel Gurria ainsi que les membres du cabinet en charge des affaires économiques. Elle a en outre rencontré les organisations faîtières du patronat de l’économie mexicaine rassemblées sous les auspices du Conseil coordinateur des entrepreneurs (CCE) ainsi que des envoyés officiels et privés de l’État de Jalisco.10 Le soussigné a prononcé un discours devant l’Association des entrepreneurs mexicains et suisses (AEMS). À Monterrey, métropole industrielle du Nord-Est du pays, la mission a pu resserrer les liens avec les autorités de l’État de Nuevo León et visiter plusieurs instituts et entreprises de haute technologie.
Quatre bonnes raisons parlaient en faveur d’une visite maintenant, au lendemain de la crise financière qui a secoué le Mexique:11
Tout d’abord il était indispensable de ne pas attendre que cette crise soit résolue – ce qui prendra encore du temps – mais au contraire d’assurer sans délai la relance et le renforcement des relations bilatérales avec notre deuxième partenaire en Amérique latine (commerce: 700 [millions] de Frs, avec un excédent substantiel pour la Suisse; investissements: 1,9 milliard de Frs, représentant le 6ème rang et 20 000 emplois). Ensuite, cette visite m’a permis de signer avec mon homologue, le Ministre du Commerce et du Développement industriel Herminio Blanco, un accord de promotion et de protection des investissements, apportant ainsi une nouvelle pièce importante au cadre institutionnel de nos relations économiques.12 En effet, cet instrument qui vient s’ajouter à la Convention de double imposition entrée en vigueur au 1er janvier 199513 et à une protection de la propriété intellectuelle conforme aux standards internationaux de l’accord TRIPS de l’OMC/GATT, garantit à nos investisseurs les mêmes conditions que celles qui s’appliquent aux partenaires nord-américains du Mexique dans l’ALENA.14 Par ailleurs, le statut international du Mexique a pris une nouvelle dimension ces dernières années avec l’accession de ce pays non seulement à l’accord régional précité, mais également à l’APEC et à l’OCDE.15 Finalement, les élections de 1994 ont amené aux responsabilités une nouvelle équipe gouvernementale avec laquelle il importait de nouer des liens personnels.16
Le bilan des travaux accomplis ces 6 derniers mois pour endiguer les effets des événements de fin 1994 est impressionnant. Alors qu’après la crise de 1982 – certes dans des circonstances différentes – il avait fallu 7 ans pour retrouver un accès aux marchés internationaux des capitaux, un train de mesures budgétaires et monétaires très strictes ont cette fois permis d’y revenir après six mois déjà.17 Traditionnellement déficitaire, la balance commerciale a connu un retournement substantiel de 9 milliards de US$ pour afficher à ce jour un excédent de 1,3 milliard de US$, induit par une augmentation de plus de 30% des exportations. Suite à la dévaluation du Peso de quelque 50%, l’inflation, après avoir augmenté au cours du premier trimestre, est retombée à 2,3% durant le mois de juin. L’objectif de 40% pour l’année 1995 devrait ainsi pouvoir être atteint. Tirant les enseignements du passé, les autorités mexicaines sont convaincues de la nécessité de maintenir un taux de change flottant pour éviter une nouvelle surévaluation du Peso et mieux maîtriser les entrées de capitaux à court terme. À tous les échelons, elles ont exprimé leur ferme attachement aux principes du libre-échange et à l’ouverture de l’économie mexicaine aux investissements étrangers, ouverture qui pourra se concrétiser dans le cadre du programme de privatisation nouvellement élargi en particulier aux secteurs de l’énergie et des télécommunications.
Les entretiens, là également d’une grande franchise ont également été l’occasion d’aborder quelques thèmes d’intérêt plus spécifiques touchant notamment aux conditions d’importation de certains produits suisses au Mexique, en relation avec la mise en œuvre de l’ALENA.18
Au nom du Conseil fédéral, j’ai invité le Président Cardoso à se rendre l’an prochain en visite officielle en Suisse, le cas échéant en marge du Forum de Davos.19
Dans les deux capitales, j’ai saisi l’occasion de rompre une lance en faveur de la candidature de Genève pour le siège du Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique; la réponse a toutefois été peu encourageante, le Mexique et, vraisemblablement, le Brésil également s’étant déjà engagés pour l’Espagne (Madrid).20
En conclusion, cette visite a montré que les autorités et milieux économiques des deux pays ont pleine confiance que la voie choisie – stabilisation, libéralisation, coopération – est la bonne. Ce sentiment est sans doute plus marqué au Brésil qu’au Mexique, ce dernier pays n’étant pas totalement à l’abri de soubresauts sociaux et politiques. Quoi qu’il en soit, au plan bilatéral, le potentiel de coopération avec ces deux partenaires est considérable. Il se fonde sur des conditions-cadres assainies et renforcées ainsi que sur un engagement de longue date de l’économie suisse. En ce qui a trait notamment au Mexique, notre participation à l’effort de solidarité internationale à l’égard de ce pays nous vaut un capital de sympathie appréciable.
Entre ces visites au Brésil et au Mexique, j’ai brièvement fait étape en Argentine où j’ai représenté le Conseil fédéral à la cérémonie d’inauguration du deuxième mandat du Président Carlos S. Menem. La participation de la Suisse à cet événement, en compagnie de nombre de Chefs d’État du sous-continent et de représentants du monde entier, a ainsi été fort remarquée. Un rapport séparé vous donnera de plus amples informations à ce sujet.21
- 1
- CH-BAR#E7001D#2005/345#435* (236). Cette note d’information au Conseil fédéral est signée par le Chef du DFEP, le Conseiller fédéral Jean-Pascal Delamuraz, et très probablement rédigée par le Chef de la Section Amériques de l’Office fédéral des affaires économiques extérieures (OFAEE) du DFEP, Jean-Jacques Maeder, qui rédige le rapport, pratiquement identique, du 31 juillet 1995, dodis.ch/68531. La note d’information est distribuée au Conseil fédéral en vue de la séance du 16 août 1995, cf. le procès-verbal de discussion de la 24ème séance du Conseil fédéral du 4 septembre 1995, CH-BAR#E1003-01#2006/306#3* (322.3).↩
- 2
- Pour une discussion de ces missions mixtes devant la Commission de politique extérieure du Conseil des États, cf. DDS 1994, doc. 60, dodis.ch/67955. Pour les différentes missions économiques mixtes menées par le Conseiller fédéral Delamuraz depuis 1990, cf. la compilation dodis.ch/C2543.↩
- 3
- La liste complète de la délégation et des participants et participantes à la mission économique mixte se trouve en annexe du rapport du Chef de section Maeder du 31 juillet 1995, cf. dodis.ch/68531.↩
- 4
- Respectivement Mário Covas et Paulo Salim Maluf. Cf. à ce sujet les notices d’entretiens du Consul général de Suisse à Sao Paolo, Heinz Wey, du 6 juillet 1995, ainsi que la notice de la Cheffe suppléante du Service Amérique de l’OFAEE, Michèle Leuenberger-Morf, du 19 juillet 1995, toutes deux en annexe du rapport dodis.ch/68531.↩
- 5
- Pour un aperçu des relations économiques entre la Suisse et le Brésil, cf. la notice de l’Ambassade de Suisse à Brasilia de mai 1995, dodis.ch/73346.↩
- 6
- Cf. à ce sujet le rapport politique No 4 de l’Ambassadrice de Suisse à Brasilia, Catherine Krieg, du 3 mai 1995, dodis.ch/72256.↩
- 7
- Cf. DDS 1990, doc. 26, dodis.ch/56121.↩
- 8
- Au sujet de la protection de la propriété intellectuelle, cf. le mémorandum en annexe du rapport sur la visite, dodis.ch/68531. Pour l’accord de promotion et de protection des investissements, cf. le PVCF No 796 du 11 mai 1994, dodis.ch/67258. L’accord n’est finalement pas ratifié par le Brésil et n’entre pas en vigueur, cf. le dossier CH-BAR#E7115B#2003/35#5435* (3/741-BR).↩
- 9
- La Déclaration d’intention sur la coopération économique du 6 juillet 1995 est envoyée par l’Ambassadrice Krieg à Berne le 13 juillet 1995, cf. CH-BAR#E2010A#2005/342#8487* (C.41.111.0).↩
- 10
- Cf. les notices d’entretiens en annexe du rapport dodis.ch/68531.↩
- 11
- Sur la crise financière mexicaine de l’hiver 1994–1995, cf. DDS 1995, doc. 17, dodis.ch/71849, ainsi que la compilation dodis.ch/C2707.↩
- 12
- Accord entre la Confédération suisse et les États-Unis Mexicains concernant la promotion et la protection réciproque des investissements du 10 juillet 1995, RO, 2012, pp. 681–696. Cf. aussi le PVCF No 772 du 17 mai 1995, dodis.ch/69934.↩
- 13
- Convention entre le Conseil fédéral suisse et le Gouvernement des États-Unis du Mexique en vue d’éviter les doubles impositions en matière d’impôts sur le revenu conclue le 3 août 1993, RO, 1995, pp. 69–88. Cf. le PVCF No 2220 du 18 novembre 1992, dodis.ch/60837, ainsi que le Message concernant une convention de double imposition avec le Mexique du 27 octobre 1993, dodis.ch/64682.↩
- 14
- Sur la protection de la propriété intellectuelle garantie dans le cadre de l’accord TRIPS, cf. la notice du Vice-directeur de l’Office fédéral de la propriété intellectuelle (OFPI) du DFI, Thomas Cottier, du 6 septembre 1993, dodis.ch/64433, annexe.↩
- 15
- Sur l’adhésion du Mexique à l’OCDE, cf. le télex hebdomadaire 24/94 du 16 juin 1994, dodis.ch/67962, point OCDE: Conférence ministérielle.↩
- 16
- Cf. le rapport politique No 15 de l’Ambassadeur de Suisse à Mexico, Gérard Fonjallaz, du 28 novembre 1994, dodis.ch/67946.↩
- 17
- Sur la crise financière mexicaine de 1982, cf. la compilation dodis.ch/C2767. Sur les conclusions de la crise financière mexicaine de 1994–1995, cf. le procès-verbal du Directoire de la BNS du 23 mars 1995, dodis.ch/72352.↩
- 18
- Cf. à ce sujet les notices de préparation de la visite dans le dossier CH-BAR#E7001D#2005/345#435* (236).↩
- 19
- Le Conseil fédéral débat de l’invitation au Président Cardoso lors de son avant-dernière séance de l’année 1995, le 11 décembre 1995, cf. le procès-verbal de discussion du 18 décembre 1995, CH-BAR#E1003-01#2006/306#3* (322.3).↩
- 20
- Cf. à ce sujet DDS 1995, doc. 42, dodis.ch/72112, et doc. 62, dodis.ch/71696, ainsi que la compilation Établissement des secrétariats des conventions sur le climat, la biodiversité et la désertification à Genève (1992–1996), dodis.ch/T1849.↩
- 21
- Cf. la note d’information du DFEP au Conseil fédéral du 17 juillet 1995, dodis.ch/73344.↩
Relations to other documents
| http://dodis.ch/70388 | is printed in | http://dodis.ch/71950 |
| http://dodis.ch/68531 | see also | http://dodis.ch/70388 |
Tags
Brazil (Economy) Mexico (Economy)



