Également: Lettre du Conseiller fédéral Delamuraz à la Conseillère fédérale Dreifuss du 10.11.1994 (annexe).
Imprimé dans
Documents Diplomatiques Suisses, vol. 1994, doc. 49
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| Archives | Archives fédérales suisses, Berne | |
| Cote d'archives | CH-BAR#E7115B#2003/35#2785* | |
| Titre du dossier | Einzelne Gesuche und Fälle (1994–1994) | |
| Référence archives | 3/114.31-HT • Composant complémentaire: Haiti |
| Archives | Archives fédérales suisses, Berne | |
| Cote d'archives | CH-BAR#E7001D#2009/55#747* | |
| Titre du dossier | -6 VO über Massnahmen gegenüber der Republik Haiti (1994–1994) | |
| Référence archives | 3629 |
dodis.ch/68318Notice du Directeur suppléant de l’Office fédéral des affaires économiques extérieures du DFEP, l’Ambassadeur Jeker1
Rapport au Conseil fédéral sur les sanctions à l’encontre d’Haïti2
Les sanctions à l’encontre d’Haïti ont été un exemple d’une action graduelle et concertée de la communauté internationale visant à permettre le respect des Droits de l’Homme dans un pays ayant subi un coup d’État militaire. La Suisse, conformément à sa ligne de politique économique extérieure adoptée depuis la crise du Golfe en 1990,3 s’est associée de manière autonome à cette mesure ayant un caractère contraignant pour tout État-membre de l’ONU. Ainsi, elle a instauré des sanctions partielles sur la base de la résolution 841 du 16 juin 1993 du Conseil de sécurité de l’ONU,4 prévoyant d’une part l’interdiction d’exporter des armements et du pétrole vers Haïti et imposant d’autre part le blocage des fonds du gouvernement haïtien, des autorités de facto ainsi que des personnes morales contrôlées par celles-ci.5 Sur la base des résolutions respectives du Conseil de sécurité de l’ONU,6 la Suisse a suspendu l’application de l’ordonnance entre le 9 septembre et le 21 octobre 1993.7
L’embargo partiel a été transformé en embargo complet par la résolution 917 du 6 mai 1994,8 dont certaines dispositions (p. ex. le blocage de fonds privés des militaires haïtiens) n’étaient pas contraignantes. La Suisse a adopté les mesures obligatoires le 30 juin, introduisant simultanément l’obligation de demander des visas pour les détenteurs de passeports diplomatiques haïtiens et interdisant l’entrée à env. 800 militaires haïtiens désignés nommément par l’ONU.9 Finalement, la résolution 944 du 29 septembre10 rapporte toutes les mesures relatives à Haïti le jour suivant la rentrée du Président J.-B. Aristide, survenue le 15 octobre. La Suisse a par conséquent abrogé son ordonnance le 20 octobre 1994.11 L’obligation de demander des visas a été maintenue pour les détenteurs de passeports diplomatiques haïtiens.
En 1993, les exportations suisses vers Haïti s’élevaient à 4,5 mio. fr. (principalement des médicaments et des mélanges de substances odoriférantes), les importations en provenance d’Haïti à 3,4 mio. fr. (principalement du café et des huiles essentielles). L’embargo commercial complet a eu un effet sur deux entreprises suisses par l’impossibilité absolue de pouvoir remplacer les huiles essentielles haïtiennes utilisées dans la production en Suisse d’un parfum de marque, ainsi que par le retard de pouvoir livrer des machines suisses destinées à la transformation alimentaire à Haïti.12 Les mesures financières n’ont pas eu de conséquence observée, aucune demande de paiement à partir de comptes bloqués n’ayant été déposée à l’OFAEE durant toute la période de l’embargo, ce qui laisse conclure à des montants peu élevés déposés en Suisse sur des comptes bloqués.13
- 1
- CH-BAR#E7001D#2009/55#747* (3629). Cette notice est redigée par Steivan Defilla de la Division Développement, pays de développement de l’Office fédéral des affaires économiques extérieures (OFAEE) du DFEP. La notice est signée – en remplacement du Directeur de l’OFAEE, le Secrétaire d’État Franz Blankart – par son adjoint, le Vice-directeur Rolf Jeker, qui envoie la notice le 28 octobre 1994 à Kuno Hämisegger du Service de l’économie du Secrétariat général du DFEP. Le 10 novembre 1994, le Chef du DFEP, le Conseiller fédéral Jean-Pascal Delamuraz, envoie la notice à la Cheffe du DFI, la Consellière fédérale Ruth Dreifuss. La Conseillère fédérale Dreifuss, qui était une amie personnelle et une ancienne conseillère du Président d’Haïti Jean-Bertrand Aristide, participe à titre privé le 15 octobre 1994 aux festivités célébrant le retour d’Aristide, cf. dodis.ch/69569 et la compilation dodis.ch/C2644.↩
- 2
- Cf. la compilation Sanctions de l’ONU contre Haïti, dodis.ch/T2576.↩
- 3
- Cf. le PVCF No 1467 du 7 août 1990, dodis.ch/55525, DDS 1990, doc. 30, dodis.ch/54497, ainsi que la compilation Sanctions de l’ONU contre l ’Irak et le Koweït (1990), dodis.ch/T1674.↩
- 4
- Cf. UN doc. S/RES/841.↩
- 5
- Cf. le PVCF No 1244 du 30 juin 1993, dodis.ch/64226.↩
- 6
- Cf. UN doc. S/RES/861.↩
- 7
- Cf. le PVCF No 1579 du 8 septembre 1993, dodis.ch/69655, et le PVCF No 1902 du 20 octobre 1993, dodis.ch/64276.↩
- 8
- Cf. UN doc. S/RES/917.↩
- 9
- Le Conseil fédéral décide en fait déjà le 22 juin 1994 de renforcer les sanctions, cf. le PVCF No 1106 du 22 juin 1994, dodis.ch/67679.↩
- 10
- Cf. UN doc. S/RES/944.↩
- 11
- Cf. le PVCF No 1736 du 19 octobre 1994, dodis.ch/67588.↩
- 12
- Il s’agit des enterprises Firmenich et Bühler, cf. le dossier CH-BAR#E7115B#2003/35#2785* (3/114.31-HT).↩
- 13
- Pour les effets de l’embargo à Haïti, cf. le rapport politique No 6 de l’Ambassadeur de Suisse à Mexico, Jean-Claude Richard, du 5 avril 1994, dodis.ch/67945.↩
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Sanctions de l'ONU contre Haïti (1993–1994)



