Language: German
11.1.1942 (Sunday)
Le Ministre de Suisse à Rome, P. Ruegger, à la Division des Affaires étrangères du Département politique
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Entretien du Ministre Ruegger avec l’Ambassadeur Giannini, qui s’apprête à se rendre à Berlin pour négocier. Pour débloquer la situation, la Suisse pourrait concéder à l’Italie un crédit échelonné et progressif.

Classement thématique série 1848–1945:
2. RELATIONS BILATÈRALES
2.14. ITALIE
2.14.1. RELATIONS ÉCONOMIQUES

Également: Rapport de Hotz au Conseil fédéral sur les négociations économiques avec l’Italie et la demande de crédit. Compte tenu de l’importance des relations avec la Grande-Bretagne, il est impensable d’octroyer de nouveaux crédits à Rome sans obtenir en contrepartie des pays de l’Axe l’assouplissement du contre-blocus. Annexe de 4.1.1942
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Printed in

Antoine Fleury et a. (ed.)

Diplomatic Documents of Switzerland, vol. 14, doc. 148

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Bern 1997

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dodis.ch/47334
Le Ministre de Suisse à Rome, P. Ruegger, à la Division des Affaires étrangères du Département politique1

Numéro 1. Votre 4. Ai vu samedi matin Giannini lequel, dans entretien personnel prolongé, manifesta en effet, surtout à suite départ Masi de Berne2, son désappointement situation tout en appréciant ses prises contact avec Conseillers fédéraux et délégation. Insista sur embarras dans lequel se trouverait pour demander à la fois au Chef Gouvernement réunion ministres militaires pour discussion question essentielle pour nous, et aux Allemands compréhension notre situation sans pouvoir invoquer fait acquis favorable à Italie. Il redoute en outre impression milieux italiens connaissant Suisse et situation moins que lui, que Suisse aurait fait vastes concessions financières à Allemagne3 par peur du Reich, refusant d’autre part concessions à Italie sans contrepartie concernant avant tout Reich. Ajouta que, aussi vis-à-vis Clodius, son action amoindrie en absence accord quasi rejoint vu son plan que cette action serait principalement motivée par désir obtention crédits. Giannini est néanmoins désireux agir sur Clodius dans sens sa lettre dont avez vu projet et est disposé lui téléphoner Berlin pour préparer terrain avant réunion italo-allemande 19 janvier. Dans conversation, idée surgit que situation pourrait, cas échéant, être débloquée par signature protocole prévoyant entre autres octroi échelonné et progressif crédits selon système technique dont Giannini accepterait modalités. Après premier versement correspondant proposition transactionnelle et provisoire suisse, on verrait effet intervention sur Berlin et solution souhaitée relâchement contreblocus. Giannini estime que, par acte confiance de notre part, son action serait grandement facilitée.

Dans même ordre d’idées, je suggère examiner aussi commencement immédiat exécution accord prévoyant crédits échelonnés mais avec protocole secret italo-suisse permettant arrêter tranches subséquentes en cas maintien contreblocus dans conditions inadmissibles. Il s’agirait en somme donner expression juridique plus souple et ménageant davantage susceptibilité Italie et lui ouvrant possibilités action meilleures à point de vue maintenu par nous.

Giannini estime même qu’arrivée Directeur HotzRome avant début négociations italo-allemandes pour dernières mises au point et pendant impression accords virtuellement conclus, faciliterait à délégation italienne insistance auprès délégation allemande. Cas échéant, me semble indiqué recevoir, pour prises contacts ultérieurs avec Giannini, indications plus détaillées sur petit programme exportations en Angleterre dont acceptation indispensable pour solution question crédits. Suggère aussi mise au point protocole selon desiderata suisses.

1
E 2300 Rom/42.
2
Chef de la délégation italienne arrivée à Berne le 15 décembre précédent. Sur les difficultés de ces négociations, cf. aussi l’annexe au présent document.
3
Cf. table méthodique: 2.1.1. Allemagne. Relations économiques.