Language: Italian
2.8.1937 (Monday)
Le Ministre de Suisse à Rome, P. Ruegger, au Président de la Confédération, G. Motta
Political report (RP)
Le discours de Motta sur Giornico a été transmis à Ciano. La presse italienne s’est montrée amicale envers la Suisse et a mis en valeur les propos de Motta sur les rapports italo-suisses. Les craintes relatives à cette commémoration étaient infondées.

Également: Rôle de Tamaro dans «l’alerte» de Giornico. Démarche de Motta pour éviter tout incident. Annexe de 29.7.1937
Également: Propos de Motta sur l’Italie à Giornico. Annexe de 1.8.1937
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Printed in

Oscar Gauye (ed.)

Diplomatic Documents of Switzerland, vol. 12, doc. 109

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Bern 1994

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Cover of DDS, 12

Repository

dodis.ch/46369
Le Ministre de Suisse à Rome, P. Ruegger, au Président de la Confédération, G. Motta1

Confidentielle

Laissez-moi vous remercier infiniment de la lettre personnelle que vous avez eu la bonté de m’adresser le 29 juillet2 à propos de la commémoration de Giornico et des velléités irrédentistes qui se sont manifestées à cette occasion.

Les indications que vous avez bien voulu me donner m’ont été extrêmement précieuses. Je reviendrai à part sur la question de la source de l’alerte donnée ici et que vous avez si justement appréciée.

J’ai reçu le texte de votre beau discours de Giornico au moment même où vous le prononciez. Aussitôt, j’ai envoyé au Comte Ciano une lettre dont j’ai transmis ce matin copie à la Division des Affaires Etrangères. J’y ai prié le Ministre des Affaires Etrangères de lire attentivement tout le discours, ce qui dissipera dans son esprit le dernier doute qu’on aura pu lui suggérer.

Quant à la presse italienne, les grands organes que j’ai lus jusqu’ici sont franchement amicaux et mettent dûment en relief votre déclaration sur les rapports italo-suisses3. A ce sujet, j’avais rappelé samedi soir encore au Ministre De Peppo, Chef de Cabinet du Comte Ciano, les assurances données par le Ministre des Affaires Etrangères.

Vous voudrez bien trouver, sous ce pli, une série de coupures de journaux romains. Le «Messaggero», le «Piccolo» et l’officieux «Giornale d’Italia» sont particulièrement amicaux; la «Tribuna», dont la rédaction ne nous a pas toujours été favorable, est jusqu’ici muette, mais le silence n’a rien de fâcheux. M. de Bavier, qui m’a téléphoné ce matin, a été prié par moi de vous envoyer directement les coupures des journaux milanais.

De toute cette alerte, il ne reste donc, si nous nous en tenons à la grande presse, qu’une nouvelle affirmation des excellents rapports entre les deux pays. Cela ne peut pas nous empêcher de regretter qu’une fois de plus, une alerte inutile et superflue ait été donnée...

1
Rapport politique: E 2300 Rom, Archiv-Nr. 37.
2
Dans cette lettre confidentielle manuscrite, Motta faisait savoir au Ministre de Suisse à Rome: Ho sott’occhio la sua lettera del 24 corr. relativa alla commemorazione di Giornico. Ho dato istruzione al signor Frölicher di darLe ragguaglio e so che cio è avvenuto. Domani il mio segretario, signor dottore Marcionelli, Le manderà il testo del discorso che pronuncerö a Giornico. Ho avuto stamane una conversazione col signor ministro Tamaro. Egli era venuto per altro oggetto, ma io ho voluto cogliere l’occasione di sapere onde erano venuti gli allarmi ai quali aveva fatto accenno il signor ministro Ciano. Dubitavo già ehe l’allarme fosse partito da Tamaro, ora ne ho la certezza morale. Questi mi ha detto, infatti, ehe la battaglia di Giornico era stata un fratricidio, come se di simili fratricidi non fosse piena tutta la storia degli Stati, non esclusa l’Italia! Ha accennato a Emilio Motta, a Stefano Gabuzzi e ad altri che avevano in passato ritenuto bene parlare il meno possibile di Giornico ecc. ecc. Non posso negare ehe il signor Tamaro abbia avuto in nostro confronto gesti simpatici, ma egli è vecchio giornalista e irredentista triestino... Egli è quindi portato aile esagerazioni... La lettura che Lei farà del mio discorso La persuaderà ehe la commemorazione di Giornico non puô ragionevolmente turbare le nostre relazioni con l’Italia... Ho informato anche il signor Celio, Présidente del Governo Cantonale, d’evitare ogni allusione meno ehe amichevole verso F Italia. Spero ehe tutto andrà bene. Intanto voglia ricordarmi alla Sua gentile consorte e gradire per Lei, caro ministro, un’affettuosa stretta di mano. (J. 1.1.1/29). Les points de suspension figurent dans l’original de Motta.
3
Concernant l’Italie, Motta disait dans son discours de Giornico: Quando l’Italia prese le mosse verso il suo Risorgimento, il Ticino ne sposo, con la mente e l’opera dei suoi migliori, la giusta causa e le reco giovamento effettivo. Oggi, mentre l’Italia si rinnova e s’afferma ognora più grande Potenza dalla lunga vista imperiale, il Ticino che ha raggiunto la piena consapevolezza délia sua missione è diventato elemento fausto e sicuro pegno dell’amicizia che stringe e stringerà in perpetuo la Confederazione svizzera al Regno d’Italia. (E 2200 Rom 22/5).