dodis.ch/47133 CONSEIL FÉDÉRAL
Procès-verbal de la séance du 6 septembre 1940
1 1142. Levée de l’interdiction frappant le journal «Völkischer Beobachter»
Département politique. Proposition du 5 septembre 1940
Par décision du Conseil fédéral du 17 juillet 19342, l’importation et la vente en Suisse de divers journaux allemands, parmi lesquels figure le «Völkischer Beobachter», furent interdites.
Il s’agissait d’une mesure de représailles provoquée par l’interdiction dont étaient frappés, en Allemagne, certains journaux suisses.
Depuis lors, la situation a subi un changement radical. Il ne conviendrait pas de maintenir l’interdiction du «Völkischer Beobachter» en Suisse, en invoquant les sévères prescriptions en vigueur en Allemagne en matière de presse et de radiodiffusion, qui sont de caractère général et ont été édictées pour des raisons de sécurité. Le «Völkischer Beobachter» est, on le sait, l’organe officiel du parti national-socialiste. Il y a lieu de supposer que le maintien de son interdiction ne laisserait pas d’influencer défavorablement les relations germanosuisses, tandis qu’une levée de ladite interdiction contribuerait, dans une large mesure, à amener une détente. Il ne faut d’ailleurs pas oublier que presque tous les journaux allemands sont admis en Suisse et qu’on considère, du côté allemand, comme choquant, que la vente du principal organe du Reich ne soit pas autorisée chez nous.
Le ministère public fédéral a déclaré qu’il ne s’opposerait pas à une réadmission du «Völkischer Beobachter» en Suisse, étant donné qu’il s’agit en l’occurrence d’une question de politique étrangère. Il ne dissimule pas cependant une certaine hésitation dictée par la crainte de la réaction éventuelle de l’opinion publique en Suisse.
La division presse et radio de l’état-major de l’armée affirme n’avoir, de son côté, aucune raison de s’opposer à la vente et à la circulation en Suisse du journal dont il s’agit.
Dans ces conditions et vu la proposition du département politique, il est1. L’interdiction prononcée par décision du Conseil fédéral du 17 juillet 1934 à l’égard du «Völkischer Beobachter» est rapportée.
2. Cette décision, qui entre immédiatement en vigueur, ne fera pas l’objet d’une communication à la presse. Elle sera portée, par les soins du département politique, à la connaissance du gouvernement allemand.