dodis.ch/45413Der schweizerische Gesandte in Rom, G. Wagnière, an den Vorsteher des Politischen Departementes, G. Motta1
En vous confirmant ma lettre du 2 février, qui s’est croisée avec la vôtre du même jour concernant les incidents de frontière2, j’ai l’honneur de vous faire savoir que j’ai eu samedi dernier un long entretien à ce sujet avec M. Guariglia, Chef du service politique.
Comme je vous l’avais écrit, j’avais évité, depuis le mois de novembre, de me rendre chez ce haut fonctionnaire, qui m’avait manifesté une certaine impatience à l’égard de nos réclamations répétées.
M. Guariglia a interprété comme il le fallait l’absence de mes visites dans ce long espace de temps et m’a déclaré de la façon la plus amicale qu’aucun malentendu ne devait subsister entre nous. Nous devions comprendre, m’a-t-il dit, la situation si difficile dans laquelle il se trouve vis-à-vis de l’autorité de police, et que je vous ai déjà maintes fois exposée.
De mon côté, j’ai expliqué que mon Gouvernement ne faisait de réclamations que pour des cas sérieux, et qu’il se bornait à signaler les autres. Mais évidemment l’opinion publique chez nous s’est beaucoup émue, et nous devons espérer que, dans cette saison d’été qui commence maintenant, ces incidents ne se renouvelleront pas, grâce aux mesures prises par le Gouvernement Royal.
A ce propos, M. Guariglia m’a dit: «Je vois venir l’été en tremblant», ce qui n’est pas très rassurant pour nous. Cela signifie que l’autorité de police entend commander seule à la frontière, sans tenir compte, dans la mesure qu’il faudrait, des avertissements du Palais Chigi. Je me permets donc d’insister sur la nécessité de mettre en garde tous les milieux intéressés contre les dangers des excursions à la frontière. J’en ai déjà prévenu M. Guariglia, qui a trouvé la chose toute naturelle.
M. Guariglia m’a déclaré que les deux douaniers fautifs de Palpe «Grotta» avaient été sévèrement punis. Nous avons reçu depuis lors une confirmation écrite de cette nouvelle.