Abgedruckt in
Diplomatische Dokumente der Schweiz, Bd. 7-II, Dok. 21
volume linkBern 1984
Mehr… |▼▶Aufbewahrungsort
| Archiv | Schweizerisches Bundesarchiv, Bern | |
▼ ▶ Signatur | CH-BAR#E2300#1000/716#895* | |
| Alte Signatur | CH-BAR E 2300(-)1000/716 395 | |
| Dossiertitel | Rom, Politische Berichte und Briefe, Militärberichte, Band 19 (1919–1919) |
dodis.ch/44232
J’apprends de nouveaux détails sur la Conférence de Paris qui me viennent de toute première source. La première erreur, comme on l’a souvent relevé, était de constituer le Conseil des Quatre de membres des Gouvernements et d’y comprendre un chef d’Etat: on aurait mieux fait de charger les diplomates de ces discussions en leur laissant le soin d’en référer à leur Gouvernement ce qui est la méthode la plus pratique.
D’autre part, on a un peu exagéré l’influence de M. Wilson. C’est lui que l’on rend responsable de toutes les plus graves décisions, mais c’est à tort. Le grand homme de la Conférence fut M. Lloyd George qui réussit, dès les premiers jours, dans une entrevue en Angleterre, à faire renoncer M. Wilson:
1° à soulever la question irlandaise
2° à revendiquer la liberté des mers. M. Wilson ayant renoncé à ces deux points, M. Lloyd George lui promit son appui pour le reste. En somme, de l’avis de tous, c’est l’Angleterre qui retire du Traité les avantages les plus considérables: elle est la maîtresse du monde et l’effondrement de la Russie qui est un événement si redoutable pour la France, donne en revanche à l’Angleterre des mains libres en Asie.
Chez M. Lloyd George, la préoccupation dominante est celle de son Parlement et la politique intérieure de l’Angleterre. Tout événement n’a pour lui d’importance qu’au point de vue des répercussions dans les couches profondes de la population anglaise. Il aurait favorisé de toutes ses forces, dans les récentes élections, la victoire conservatrice qui lui assurait comme délégué de l’Angleterre une plus grande liberté et une plus grande tranquillité au sein de la Conférence.
Mon interlocuteur italien a la conviction que l’on aurait pu faire revenir M. Wilson de ses opinions au sujet de Fiume, mais que l’opposition irréductible venait de la France et ne peut s’expliquer que par ses engagements vis-à-vis de l’Autriche et contre la Hongrie.
La Yougoslavie fut une invention de la France plus encore que de la Serbie; beaucoup de Serbes étant contraires à l’annexion de ces territoires. Et l’on demeure convaincu en Italie que la France a fait des promesses à l’Autriche dans la prévision d’une future confédération danubienne dont Fiume serait un des grands ports: on n’a cependant aucune preuve certaine que M. Allizé ait fait à l’Autriche des promesses positives à ce sujet. [...]2
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Pariser Friedenskonferenz (1919)


