Language: French
11.12.1912 (Wednesday)
Der schweizerische Gesandte in Paris, Ch. Lardy, an den Bundespräsidenten und Vorsteher des Politischen Departementes, L. Forrer
Political report (RP)
Der französische Botschafter in London ist der Meinung, die schweizerische Weiterleitung der russischen Mitteilung beruhe auf einem Missverständnis oder sei aus Übereifer erfolgt.

Thematische Zuordung Serie 1848–1945:
I. INTERNATIONALE LAGE
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Printed in

Herbert Lüthy, George Kreis (ed.)

Diplomatic Documents of Switzerland, vol. 5, doc. 351

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Bern 1983

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Cover of DDS, 5

Repository

dodis.ch/43206
Der schweizerische Gesandte in Paris, Ch. Lardy, an den Bundespräsidenten und Vorsteher des Politischen Departementes, L. Forrer1

handschriftlich

Pour ma première sortie, je me suis rendu cet après-midi chez M. Poincaré et ai été presque le seul Ministre reçu parce que le Président du Conseil a été accaparé par les délégués monténégrins envoyés aux négociations de paix de Londres, puis par les Ambassadeurs. J’ai parlé rapidement d’affaires francosuisses urgentes et demandé seulement s’il pouvait en deux mots résumer son impression sur la politique générale. Il a, en termes très modérés, constaté que la mobilisation autrichienne est à peu près faite mais il ne paraît pas prendre la situation au[...]2 tragique, c’est-à-dire considérer cette mobilisation comme le prélude d’une guerre européenne certaine.

Comme je me levais, M. Poincaré m’a retenu: «Et Vous, n’avez-Vous rien à me dire? N’êtes-Vous pas chargé d’une communication pour moi?» et comme je manifestais mon étonnement: «Voyons, cherchez bien; n’avez-Vous pas été chargé par Votre Gouvernement, à la demande de la Russie, de signaler ici les dangers des armements autrichiens?»

Sur ma réponse que je n’avais reçu aucun mandat de ce genre, M. Poincaré a continué: «Votre collègue de Londres a fait une communication dans ce sens et notre Ambassadeur M. Cambon me l’a signalée dans une lettre personnelle en faisant observer qu’il devait y avoir là un malentendu ou un excès de zèle.»

J’ai répliqué qu’il pouvait s’agir seulement du compte-rendu de quelque entretien avec un diplomate étranger communiqué à titre de renseignement, mais qu’il y avait loin de là à se charger d’une transmission par la Suisse à des Gouvernements tiers et j’ai rappelé l’incident Röder-Dubs-Comminges de Juillet 1870.

M. Poincaré a souri: «Bon, c’est une simple gaffe, je rassurerai Cambon et sa lettre ne passera pas aux Archives. J’ai d’ailleurs reçu de Beau, par la voie ordinaire, l’écho des préoccupations que causent en Suisse les armements autrichiens.» [...]

1
Politischer Bericht: E 2001 (A), Archiv-Nr. 665.
2
Ein Wort unleserlich.