Language: French
27.6.1900 (Wednesday)
Le Ministre de Suisse à Londres, Ch. D. Bourcart, au Président de la Confédération et Chef du Département politique, W. Hauser
Political report (RP)
Entretien avec Lord Salisbury concernant la protection des Européens en Chine et des missionnaires suisses en Côte-d’Or; réclamations suisses contre des réquisitions en Afrique du Sud; considérations concernant les effets des affaires extérieures sur les prochaines élections.
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Printed in

Yves Collart et al. (ed.)

Diplomatic Documents of Switzerland, vol. 4, doc. 342

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Bern 1994

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dodis.ch/42752
Le Ministre de Suisse à Londres, Ch. D. Bourcart, au Président de la Confédération et Chef du Département politique, W. Hauser1

En prenant congé hier de Lord Salisbury il m’a assuré que le plus parfait accord existe entre les puissances au sujet des mesures à prendre actuellement pour la protection des Européens et de leurs intérêts en Chine; il ajoutait: «Quand vous reviendrez à Londres, l’ordre aura été rétabli dans «le Céleste Empire». En ce qui concerne les conséquences ultérieures des événements de l’Extrême-Orient, je n’ai, bien entendu, pas pu demander à Lord Salisbury de me faire part de ses appréhensions éventuelles, mais j’ai pu voir qu’il n’était pas sans craintes pour l’avenir; ce qui le frappe aussi c’est l’absence de conseillers capables de donner une impulsion précise à la politique de l’Europe; il ne semble donc pas disposé à prendre lui-même la direction de cette politique en main.

Au sujet de la révolte des Ashantis le Ministre a pu m’assurer de son ferme espoir de voir prochainement la garnison de Kumasi et avec elle les six missionnaires suisses délivrés de leurs envahisseurs; le plus grand danger paraît être que les vivres et les munitions fassent défaut avant l’arrivée de la colonne de secours.

Au Transvaal il y a une accalmie qui ne s’explique pas uniquement par la situation militaire, aussi les bruits qui ont couru sur des négociations entamées avec le Président Krüger pourraient-ils bien avoir certain fondement. Les difficultés de l’Extrême-Orient sont du reste de nature à faire désirer au Gouvernement britannique une prochaine terminaison de la guerre sud-africaine et je ne serais pas étonné que par des concessions personnelles aux principaux hommes d’Etat des deux républiques on cherche à amener la fin d’une guerre dont l’issue ne peut plus être douteuse et qui a déjà trop duré. Pour les réclamations suisses au sujet de saisies de marchandises dans les ports anglais de l’Afrique du Sud, Lord Salisbury m’a encore assuré de son désir d’arriver à une solution équitable; une commission spéciale formant une sorte de tribunal est chargée de l’examen des réclamations de ce genre. L’Ambassadeur d’Allemagne que j’ai vu hier dans la salle d’attente du Foreign Office, m’a dit que depuis quelque temps le Gouvernement anglais se montrait, à son avis beaucoup plus coulant pour ces sortes d’affaires qu’au début de la campagne. Espérons donc que nous profiterons aussi de cet heureux état d’esprit.

[...]2

1
Rapport politique: E 2300 London 3.
2
Considérations sur la politique intérieure.