dodis.ch/47870 Le Chef de Section au Commissariat fédéral à l’Internement et à l’Hospitalisation,
R. Probst, à P.-Ed.
Martin, Membre du Comité international de la Croix-Rouge
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J’ai eu l’honneur de recevoir votre télégramme du 16.10.442, ainsi que votre lettre de la même date3 et relative à la question du rapatriement de prisonniers de guerre évadés soviétiques qui se refusent de quitter la Suisse actuellement.
J’ai l’honneur de vous exposer le cas tel qu’il se présente.
Les prisonniers de guerre évadés ont franchi notre frontière et sont internés sur le territoire de la Confédération en qualité de soldats, appartenant à l’armée de leur pays. Ils n’ont pas donné suite à l’ordre de rapatriement qui leur a été adressé et doivent par conséquent être considérés comme déserteurs. Malgré toute la compréhension et la sympathie que nous portons à plusieurs d’entre eux, nous nous voyons contraints à maintenir notre point de vue sus-mentionné et ne pouvons prendre en considération des sentiments politiques.
En outre, les déserteurs tombent complètement à la charge de la Suisse. Leur rapatriement rencontrera par la suite d’énormes difficultés. Ils seront, sans distinction de grade, immédiatement astreints au travail, car toutes les organisations d’entraide se refusent à leur apporter une aide quelconque.
Nous ne voyons actuellement aucune possibilité de faciliter aux étudiants la continuation de leurs études, à moins que la question financière puisse être résolue de façon satisfaisante.
Si donc le Comité international de la Croix-Rouge est à même d’apporter une aide financière à ces quelques hommes, nous vous saurions gré de bien vouloir nous soumettre des propositions concrètes. Nous examinerons alors chaque cas particulier afin d’éviter tout précédent.
Pour le moment, tous les Russes qui n’ont pas donné suite à l’ordre de rapatriement ont été transférés dans le même camp, où ils resteront jusqu’à nouvel avis sous un contrôle sévère.