Language: German
20.4.1943 (Tuesday)
Le Chef du Département militaire, K. Kobelt, au Général H. Guisan
Letter (L)
A propos du séjour de convalescence en Suisse du Maréchal Mannerheim, le Conseil fédéral intime au Général Guisan de sauvegarder le caractère «incognito» à cette visite selon le désir du Gouvernement finlandais, et par conséquent de s’abstenir de tout contact avec Mannerheim.

Classement thématique série 1848–1945:
2. RELATIONS BILATÈRALES
2.8. FINLANDE
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Printed in

Antoine Fleury et a. (ed.)

Diplomatic Documents of Switzerland, vol. 14, doc. 344

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Bern 1997

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dodis.ch/47530 Le Chef du Département militaire, K. Kobelt, au Général H. Guisan1

In der heutigen Sitzung2 hatte ich Gelegenheit den Bundesrat über Ihren Befehl vom 16.4.433, den Besuch von Marschall Mannerheim betreffend, zu orientieren und dabei auch dem Bundesrat Kenntnis zu geben von Ihrem soeben eingelangten Schreiben vom 17.4.434.

Der Bundesrat legt Wert darauf festzustellen, dass der Erholungsaufenthalt Marschall Mannerheims auf seinen ausdrücklichen Wunsch hin unter Bedingungen erfolgt, die vorgängig zwischen der finnischen und schweizerischen Regierung in Form bindender Vereinbarungen festgelegt wurden. Zu diesen Bedingungen gehört auch die strikte Wahrung des «Inkognitos» die Marschall Mannerheim selbst noch dadurch zum Ausdruck bringt, dass er unter fremden Namen in die Schweiz einreist. Der Bundesrat hält sich deshalb ausnahmslos an die getroffenen Abmachungen und glaubt erwarten zu dürfen, dass auch Sie sich dieser Notwendigkeit nicht verschliessen.

Ein Höflichkeitsbesuch von Oberst Nager5, Stabschef 3. A.K. kann unter keinen Umständen in Frage kommen. Es gibt in der Schweiz noch zahlreiche Persönlichkeiten, die zu Finnland und seinem Marschall ebenso enge Beziehungen pflegen und sich ohne Widerspruch den Weisungen der Landesregierung fügen.

Sollte sich Marschall Mannerheim, was sehr unwahrscheinlich ist, angesichts seines mehrfach geäusserten Wunsches, von sich aus und direkt an Sie wenden, so möchte ich Sie dringend einladen, mit mir im damaligen Zeitpunkte über das weitere Verhalten Rücksprache nehmen zu wollen6.

Ich möchte noch einmal wiederholen, dass der Aufenthalt des Oberbefehlshabers einer kriegführenden Macht in der Schweiz Schwierigkeiten bringen kann und der Bundesrat deshalb gezwungen ist, auf uneingeschränkte Beobachtung der getroffenen Abmachungen zu dringen.

1
E 27/23344.
2
Cf. E 1005/4.Le Conseil fédéral avait été saisi, le 15 avril, par le Chef du Département politique de la question du séjour de convalescence de trois semaines au Tessin du Maréchal Mannerheim, qui est annoncé pour le 17 avril. Lors de cette délibération, Pilet-Golaz avait déclaré: Du point de vue de la stricte neutralité, la présence sur notre territoire du commandant en chef d’une nation belligérante appelle de sérieuses objections. La situation est d’autant plus délicate qu’on ne doit pas pouvoir supposer que des pourparlers de paix séparée, amorcés par la Finlande, se poursuivent sur notre sol. D’autre part, opposer un refus à la demande du président Ryti constituerait une réponse brutale et cruelle à un pays dans le malheur. Il faut donc admettre le Maréchal Mannerheim, mais prendre les précautions qui s’imposent. Le Conseil fédéral avait décidé: 1° Le séjour en Suisse du Maréchal Mannerheim peut être envisagé à la condition que l’activité de ce dernier soit entièrement suspendue pendant la durée de son séjour et qu’il n’ait aucun contact ni militaire ni politique. 2° Interdiction sera faite à la presse de mentionner et de commenter ce séjour. 3° Le commandement de l’armée sera informé de l’arrivée du Maréchal et prié de s’abstenir de tout contact avec lui (E 1004.1 1/432, No 725).
3
Non reproduit.
4
Dans cette lettre, Guisan écrit: J’estime que les relations espacées, mais bonnes, que j’ai entretenues, par correspondance, avec le Maréchal, depuis plusieurs années, justifient la visite de courtoisie que je pourrais être appelé à lui rendre, à titre strictement privé, au cas où je me rendrais dans le Tessin. Il me paraît indiqué, d’autre part, que le Col. E.M.G. Nager, Chef d’E.M. du 3. C.A., qui fut, en 1942, chargé d’une mission auprès de l’armée finlandaise et qui reçut un accueil fort bienveillant de son Commandant en chef, fût autorisé à rendre, lui aussi, une visite de pure courtoisie au Maréchal. Sauf avis contraire de votre part, j’admettrai donc que ni l’une ni l’autre de ces visites éventuelles ne présente aucun inconvénient.
5
Sur la mission confiée au Colonel Nager, cf. No 123, note 3.
6
A ce sujet, cf. aussi E 2001 (E) 1967/113/368 et E 5795/337.