Language: French
22.3.1919 (Saturday)
Le Ministre des Affaires étrangères de la République tchécoslovaque, E. Bénès, au Ministre de Suisse à Paris, A. Dunant
Letter (L)
Bénès signale les activités du nouvel Etat tchécoslovaque, particulièrement avec les Alliés et souhaite le développement des relations entre la Suisse et la Tchécoslovaquie.
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Jacques Freymond, Oscar Gauye (ed.)

Diplomatic Documents of Switzerland, vol. 7-I, doc. 275

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Bern 1979

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dodis.ch/44020 Le Ministre des Affaires étrangères de la République tchécoslovaque, E. Bénès, au Ministre de Suisse à Paris, A. Dunant1

J’ai appris avec le plus grand plaisir que la situation internationale actuelle permettrait au Gouvernement Fédéral de reconnaître officiellement la République Tchécoslovaque. J’en suis très content, parce que la reconnaissance de la République Tchécoslovaque de la part du Gouvernement Suisse facilitera certainement les rapports entre nous et votre pays.

En effet, les Gouvernements Alliés ont reconnu le Gouvernement Tchécoslovaque au mois d’octobre 1918. Depuis ce moment, la situation de la République est beaucoup plus consolidée, elle a pris part aux premières négociations d’armistice et elle a sa place à la Conférence de la Paix.

En outre, des relations diplomatiques, politiques, économiques et commerciales se sont établies d’une manière régulière entre notre pays et les Gouvernements alliés. Nos rapports sont très nombreux et puisque notre pays est un des plus riches dans l’Europe centrale où il aura une situation importante, il aura nécessairement aussi des rapports très nombreux avec votre pays. Nous pouvons constater dès aujourd’hui, que les rapports économiques particulièrement, ont été très gênés jusqu’à présent par la position incertaine de nos deux pays. Je serais très content, si cette situation pouvait être modifiée et si des rapports réguliers étaient établis entre nos deux Républiques.

J’espère que ces rapports seront dans l’avenir toujours très amicaux et qu’ils contribueront beaucoup à la prospérité et à la grandeur aussi bien de la Suisse que de la République Tchécoslovaque.

La République Tchécoslovaque après avoir établi ses rapports officiels avec la Suisse, voudrait participer immédiatement soit à l’Union postale, soit à la Convention de Berne.

Je vous serais très reconnaissant, M. le Ministre, si vous pouviez saisir votre Gouvernement de cette lettre et si vous pouviez l’assurer que la Nation Tchécoslovaque, qui vient de terminer victorieusement sa lutte pour la liberté et l’indépendance, est prête à entretenir les meilleures relations avec votre noble pays, qui depuis si longtemps était un exemple pour tous ceux qui ont été admirateurs de l’idée de liberté et de justice.

1
Lettre: E 2200 Paris 1/1514.