Classement thématique série 1848–1945:
I. LES RELATIONS INTERGOUVERNEMENTALES ET LA VIE DES ÉTATS
I.12 FRANCE
Pubblicato in
Documenti Diplomatici Svizzeri, vol. 2, doc. 406
volume linkBern 1985
Dettagli… |▼▶Collocazione
| Archivio | Archivio federale svizzero, Berna | |
▼ ▶ Segnatura | CH-BAR#E21#1000/131#15712* | |
| Vecchia segnatura | CH-BAR E 21(-)1000/131 581 | |
| Titolo dossier | Pass- und Visafragen, 1867-1874, 1889 (1867–1889) | |
| Riferimento archivio | 10.9.4.11 |
dodis.ch/41939 Le Ministre de Suisse à Paris, J. C. Kern, au Président de la Confédération, E. Welti1
[...]2
A l’occasion d’un grand dîner offert hier à Paris, au palais de l’Elysée, par M. Thiers aux membres du Corps diplomatique, j’ai eu diverses conversations avec de hauts fonctionnaires français ou avec des personnes que j’ai lieu de croire bien informées. Je considère comme un devoir de Vous renseigner sur ce que j’ai appris dans cette réunion.
Il paraîtrait que la non-suppression du régime des passeports à l’égard de la Suisse, résulte décidément des appréhensions suscitées, dans les régions gouvernementales, par l’attitude de la police genevoise à l’égard des réfugiés de la Commune de Paris.
D’après ce que me disait un de ces fonctionnaires français, les réfugiés recevraient à Genève non seulement un asile, mais auraient un lieu de réunion dans lequel, chaque soir, seraient tenus contre le Gouvernement de M. Thiers, des propos violents, provocateurs même. La police française ayant des agents à Genève, il est évident que ces propos sont rapportés à Versailles, et sans doute souvent exagérés. Sur ce point, il me paraîtrait nécessaire d’obtenir des renseignements précis, pour le cas où, dans un nouvel entretien, M. de Rémusat, sortant des généralités, me citerait des faits.
Une autre personne s’étonnait hier de ce que les réfugiés de la Commune n’eussent pas été internés, comme cela avait eu lieu en 1853, à la demande de l’ex-gouvernement impérial, à l’égard d’un certain nombre d’individus.
Une troisième personne, enfin, qui par sa position me paraît devoir être très bien renseignée, me disait qu’une certaine tension avait existé entre le Cabinet de Versailles et la Légation de France à Berne d’une part, et le Conseil Fédéral et le Conseil d’Etat de Genève d’autre part3. Ce personnage n’est entré dans aucun détail; il s’est borné à me laisser entendre que l’attitude du Gouvernement de Genève, au sujet des réfugiés politiques français, n’aurait pas paru suffisamment franche et énergique à Versailles, et qu’il en était résulté une certaine froideur dans les relations.
Comme je ne possède à ce sujet aucun détail officiel, je me vois obligé de recourir à Votre extrême obligeance, Monsieur le Président, pour être renseigné d’une manière précise au sujet des faits qui ont pu amener cette tension. Spécialement, je désirerais savoir si le Cabinet de Versailles a jamais réclamé de la Suisse Pinternement d’un ou de plusieurs complices de la Commune de Paris, et si cette mesure lui a été refusée.
La prochaine audience de M. deRémusat étant fixée à Vendredi prochain, 19 Avril, je Vous serais reconnaissant de me faire parvenir, d’ici à cette date, quelques indications confidentielles sur les diverses questions que j’ai eu l’honneur de Vous poser.[...]4
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